mardi 29 juillet 2014

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Emprunt : « Priorité aux nouvelles technologies et à la défense »

Véronique Guillermard, le Figaro

mardi 3 novembre 2009, sélectionné par Spyworld

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Spécialiste de l’intelligence économique, le député UMP du Tarn Bernard Carayon défend un domaine qui profite à toute l’industrie.

LE FIGARO. - Les pistes ouvertes par Alain Juppé et Michel Rocard lors de leur audition par la commission des finances vous satisfont-elles ?

Bernard CARAYON. - Pas tout à fait ! Ils ont dit que la défense était exclue du grand emprunt national. Or, l’exclure par principe serait une grave erreur. Il ne faut pas adopter une posture idéologique mais regarder objectivement de quoi il s’agit. Il n’existe pas d’industries de défense en soi mais des industries duales. Cela veut dire que les activités et les produits relèvent à la fois des domaines civil et militaire. C’est le cas des industriels tels qu’EADS avec Airbus ou Eurocopter ; Thales dont l’électronique équipe aussi bien des trains, des navires que des avions de ligne ; Dassault avec ses jets d’affaires et ses chasseurs. Ces industries ont toujours été utilisées pour relancer la croissance après une crise économique partout dans le monde. Comme l’investissement en Formule 1 bénéficie à la voiture de tourisme, les progrès technologiques de la défense profitent à toute l’industrie.

Quels sont les projets qui devraient bénéficier du grand emprunt ?

La priorité, ce sont les TICS : les technologies de l’information, de la communication et de la sécurité. Elles intéressent tout le monde. L’État, en garantissant la sécurité de ses infrastructures, par exemple la protection des systèmes de communication des centrales nucléaires. Les entreprises, en assurant leur compétitivité ainsi que la protection de leurs informations sensibles. Les individus, en protégeant l’intimité de la vie privée avec la maîtrise de la RFID, les puces électroniques qui permettent de suivre à la trace les produits. La France devrait absolument investir dans les « fermes informatiques » qui permettent aux entreprises de stocker leurs données. Les besoins explosent, le marché mondial se développe, les groupes américains en profitent. Mais il n’y a pas une seule entreprise européenne dans ce domaine. Pourtant nous avons des entreprises performantes qui sont au seuil de lancer une nouvelle génération de projets et qu’il faut consolider. Je pense à Free Scale dans la production des gros composants de puissance, à STMicroelectronics dans les composants de gestion de l’énergie, à Dassault Systèmes dans l’édition de logiciels de conception assistée ou encore à Bull qui a pris le leadership dans le calcul de haute performance.

Quelle part du grand emprunt devrait revenir à ces industries ?

Je préconise entre 50 à 70 milliards d’euros, dont un tiers serait affecté à la défense.

Quelle devrait être la gouvernance du grand emprunt ?

Le grand emprunt ne doit pas mobiliser plus de 30 % de fonds de particuliers et devra, pour des questions de coûts, être gagé sur des économies fonctionnelles de l’État. En matière de gouvernance, il pourrait adopter un conseil d’orientation sur le modèle du FSI. Ce conseil réunit des industriels, comme Jean-François Dehecq, son président, des syndicalistes, des représentants du Medef, de Croissance Plus et moi-même en tant que député. Il faut adopter ce type de gestion tripartite pour le grand emprunt.


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