dimanche 17 décembre 2017

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« Nous sommes dans un monde où il faut entrecroiser l’information »

Propos recueillis par Najib Amrani, le Matin

lundi 12 décembre 2005, sélectionné par Spyworld

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Entretien avec Alain Juillet, invité de la conférence d’APD sur l’intelligence économique

L’Association pour le progrès des dirigeants (APD) du Maroc, connue depuis quelques temps pour promouvoir l’action d’Intelligence Economique (I.E.), invite pour ce lundi 12 décembre une personnalité hors pair : Alain Juillet, nommé en juillet 2003 « M. Intelligence Economique de la France » par Jean-Pierre Raffarin, alors Premier ministre.

Il a pour mission d’aider les entreprises françaises à se positionner face à la concurrence internationale et à mieux relever le défi de la mondialisation. A Casablanca, dans le cadre d’une journée de réflexion, Alain Juillet exposera sa philosophie en la matière auprès des responsables marocains, d’autant plus concernés que les entreprises nationales se préparent à aborder l’année 2006 avec une série de défis.

Rappelons que l’ADP, dont le Conseil est présidé par Saad Kettani, a pour mission « d’accompagner les cadres dirigeants des entreprises » dans l’approfondissement des nouvelles méthodes et techniques de pointe pour un meilleur ancrage dans la culture économique et financière. L’organisation de rencontres avec des experts sur la gouvernance, le programme Emergence, la compétitivité, la mondialisation et autres thématiques constitue l’un des volets de son action. A la veille du séminaire animé par Alain Juillet, il a bien voulu répondre à nos questions.

Le Matin éco : Alain Juillet, vous êtes au Maroc pour animer ce lundi 12 décembre un séminaire sur l’intelligence économique. En quoi consiste la fonction de Monsieur Intelligence Economique à laquelle Jean-Pierre Raffarin vous a nommé en 2003 et plus exactement votre fonction ?

Alain Juillet : Il s’agit d’identifier tout ce que fait déjà l’Etat et d’imaginer des solutions permettant de l’exploiter au profit des entreprises. Nous sommes dans un monde de surabondance d’information dans lequel le problème n’est pas de détenir une information mais d’en croiser un certain nombre pour en extraire l’essentiel. Un aspect essentiel de la mission est de suivre tout ce qui se passe dans les secteurs qui nous concernent et d’aider les entreprises à évoluer et répondre à la concurrence sur les marchés intérieur et extérieur dans les meilleures conditions possibles.

Comment peut-on sensibiliser nos administrations et entreprises aux enjeux de l’intelligence économique ?

Il faut des opérations de sensibilisation et de formation des étudiants en licence-master-doctorat en I.E et de toutes les administrations concernées. On ne peut plus rester enfermé dans sa tour d’ivoire et dans ses certitudes. Il faut découvrir ce qui se passe ailleurs pour que chacun comprenne mieux les enjeux. Nous sommes dans un monde en évolution rapide où se jouent actuellement les positionnements futurs des uns et des autres. Par des actions de formation initiale et continue nous devons amener le personnel de l’administration à se sentir concerné et motiver les étudiants par le potentiel de cette nouvelle approche pour leur avenir personnel.

Comment les entreprises françaises utilisent-elles cet outil et comment les avez-vous sensibilisées ?

Les grandes entreprises, plus particulièrement celles qui sont cotées en Bourse, exploitent toutes les facettes de l’IE à commencer par la recherche, la veille et l’exploitation des données. Elles savent bien chercher et analyser des informations contradictoires pour en extraire des stratégies gagnantes.

Nous les aidons en analysant le matériel vendu sur le marché, en encourageant le développement d’entreprises de pointe dans les technologies de l’information, et en mettant à leur disposition les banques de données gérées par les administrations. Le problème majeur est celui des PME/PMI qui n’ont ni les moyens ni la capacité de faire de l’IE individuellement. C’est là que l’appui de l’Etat et des collectivités territoriales, des organisations consulaires, professionnelles et patronales prend tout son sens.

Quels sont les conseils et messages que vous pouvez adresser à nos dirigeants de PME ?

L’IE n’est pas réservée qu’aux grandes entreprises. Elle est également très utile aux PME/PMI car elle leur ouvre des possibilités multiples dans tous les coins du monde au moment où elles rencontrent des difficultés par suite de l’arrivée de concurrents venus d’ailleurs. Mais pour réussir, elles doivent apprendre à travailler ensemble et à partager l’information. Comme ce n’est pas très naturel il faut s’y habituer et s’y former.

L’expérience montre que la capacité d’utiliser au mieux l’IE s’acquiert avec le temps. Il ne faut pas chercher à acheter ou à construire des systèmes compliqués. Il existe des systèmes de veille et d’analyse simples à des prix raisonnables qui peuvent compléter les informations recueillies par des systèmes communs. Permettez moi d’ajouter enfin que la PME du futur devra être bien informée mais aussi réactive et flexible pour exister dans la compétition mondiale.


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