mercredi 18 octobre 2017

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Washington modère sa réaction après l’inculpation de trois Américains accusés d’espionnage par Téhéran

Corine Lesnes, le Monde

mardi 10 novembre 2009, sélectionné par Spyworld

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Les autorités iraniennes ont décidé de poursuivre pour espionnage les trois jeunes Américains qui faisaient de la randonnée au Kurdistan. Shane Bauer, 27 ans, Sarah Shourd, 31 ans, et Josh Fattal, 27 ans, ont été arrêtés en juin, accusés d’avoir franchi illégalement la frontière. Ils sont détenus à la prison d’Evin, à Téhéran.

Diplômés de l’université de Californie à Berkeley, ils ont reçu deux visites de diplomates suisses, en l’absence de relations diplomatiques avec les Etats-Unis. Ce sont des "jeunes gens innocents, que le gouvernement iranien doit libérer", a déclaré, lundi 9 novembre, le porte-parole du président Barack Obama, Robert Gibbs.

L’administration Obama s’efforce de ne pas envenimer les relations à un moment où l’Iran envoie des signes difficiles à déchiffrer. Sur l’offre de coopération internationale d’enrichissement d’uranium dans des pays tiers, la réponse formelle de Téhéran se fait attendre. Les experts débattent pour savoir si les dirigeants iraniens sont incapables de trancher ou s’ils éprouvent une vraie hostilité pour la solution envisagée. "L’appareil (iranien) de politique étrangère s’est immobilisé", a confié Mohamed ElBaradei au New York Times.

Dans une interview à l’agence Reuters, Barack Obama a évoqué les aléas de la situation politique intérieure. "Une partie du défi auquel nous sommes confrontés est que ni la Corée du Nord ni l’Iran ne semblent suffisamment stabilisés sur le plan politique pour prendre des décisions rapides sur ces questions", a-t-il dit.

A Vienne, l’ambassadeur des Etats-Unis auprès de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Glyn Davies, a mentionné l’idée de "donner un peu de marge" à l’Iran pour se déterminer. "C’est une décision importante à prendre", a-t-il confié à quelques journalistes.

Diplomates détenus en Irak

Selon le New York Times, l’administration Obama a fait savoir aux dirigeants iraniens, par le biais d’intermédiaires, qu’elle serait prête à accepter que l’Iran stocke temporairement son uranium enrichi dans des pays tiers, dont la Turquie. Mais les Iraniens préféreraient remettre les stocks de combustible aux inspecteurs de l’AIEA mais sur l’île (iranienne) de Kish - une proposition jugée insuffisante par les Etats-Unis, car elle laisse à Téhéran la possibilité d’expulser les inspecteurs.

Sans confirmer cette proposition, le porte-parole de la Maison Blanche, Robert Gibbs, a attiré l’attention de Téhéran sur l’enjeu de la décision. "Le monde entier les observe et attend leurs décisions finales", a-t-il dit.

En cas de refus, le porte-parole a mis en garde contre de nouvelles sanctions. Il a fait référence à la prise de position du président russe, Dmitri Medvedev, qui a évoqué, comme il l’avait fait en septembre, le fait que la Russie pourrait soutenir des sanctions en dernier ressort. Les présidents américain et russe se concerteront dimanche 15 novembre en marge de la réunion de l’APEC, le forum des pays du Pacifique, à Singapour.

Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a, de son côté, estimé que "la seule solution passe par la coopération et le dialogue avec l’Iran". Sur les "randonneurs", il avait laissé entendre en septembre, dans une interview à NBC, que leur libération pourrait être liée à celle des "diplomates iraniens" détenus en Irak.


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