vendredi 15 décembre 2017

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Chaque jour, un Britannique est filmé 300 fois en moyenne

Virginie Malingre, le Monde

jeudi 12 novembre 2009, sélectionné par Spyworld

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Les caméras de surveillance ont envahi la Grande-Bretagne depuis quinze ans. Aucun autre pays au monde n’en compte autant. Selon une estimation réalisée, il y a sept ans, à partir d’un comptage du nombre de caméras placées dans deux rues londoniennes, il y en aurait 4,2 millions sur l’ensemble du Royaume-Uni, soit une pour 14 habitants. En moyenne, chaque jour, un Britannique est filmé 300 fois.

Les premières installations remontent aux années 1970, quand des banques ont souhaité se protéger des cambrioleurs. Très vite, certaines communes ont mis des CCTV (Closed Circuit Television) dans leurs rues. Mais il a fallu attendre un rapport du gouvernement en 1994 pour que le système se généralise. Aujourd’hui, elles sont partout. Dans le métro, dans les rues, dans les centres commerciaux, dans les HLM mais aussi dans les épiceries de quartier, devant les écoles ou à Westminster. Depuis peu, on en voit même dans certains pubs.

Il n’y a rien de plus simple que d’installer une CCTV, la réglementation est minimaliste. Les entreprises ou les communes doivent avertir le quidam qu’il est filmé. Et veiller à ce que leurs cassettes soient entreposées dans un lieu où elles ne peuvent être visionnées par un tiers, si ce n’est par la police, si nécessaire. Il n’y a aucune durée légale de conservation des films. Ils ne doivent "pas être conservés plus longtemps que nécessaire", précise juste le commissariat à l’information, autorité indépendante, assez proche de la CNIL française. Quant aux particuliers qui veulent protéger leur maison, ils échappent à toute contrainte.

Certaines voix dénoncent l’avènement d’une "société de surveillance", à l’image d’un groupe de travail de la Chambre des Lords en mai. Ou de Richard Thomas, le commissaire à l’information. Mais l’opinion publique est largement favorable aux CCTV. Pourtant, leur efficacité dans la lutte contre la criminalité n’est à ce jour pas prouvée, même si la police rappelle régulièrement qu’elles ont été utiles dans les enquêtes sur les attentats terroristes de juillet 2005 ou sur le meurtre par empoisonnement de l’ancien espion russe, Alexander Litvinenko, en 2006.

Ainsi, en septembre, Scotland Yard a reconnu qu’en 2008, à Londres, environ un million de caméras n’ont aidé à résoudre que moins de 1 000 délits. Chaque mois, les CCTV de la capitale aident, en moyenne, à arrêter 8 voleurs sur un total de 269, ce chiffre étant la seule statistique disponible. En mai, une autre étude commandée par le ministère de l’intérieur concluait qu’elles s’avèrent efficaces dans les parkings. Surtout si ceux-ci sont bien éclairés et surveillés par des gardes. Pour le reste, les 500 millions de livres dépensées par les autorités publiques entre 1996 et 2006 pour installer des CCTV n’ont pas servi à grand-chose.

Faire "sortir les policiers"

Depuis dix ans, les trois quarts du budget du ministère de l’intérieur consacré à la prévention de la criminalité vont aux CCTV. Ne vaudrait-il pas mieux faire "sortir des policiers de derrière leurs bureaux et les mettre dans la rue ?", suggère Chris Gayling, ministre de l’intérieur du cabinet fantôme de David Cameron, le leader des tories.

En réalité, il est impossible d’évaluer l’efficacité des CCTV, notamment parce qu’elles ne fonctionnent pas toujours et qu’elles offrent souvent une image de mauvaise qualité. En 2007, la police avait fait savoir que 80 % des films qu’elle visionnait étaient difficilement exploitables. Voilà pourquoi, en mars, les policiers britanniques ont été chargés d’une nouvelle mission : compter le nombre de CCTV et évaluer leur état de marche...

Environ 60 caméras par arrondissement à Paris

Mis au point par la préfecture de police, le plan de 1 226 caméras de vidéosurveillance à Paris, qui seront installées en 2010, prévoit de couvrir la totalité du territoire de la capitale, soit une moyenne de 60 caméras par arrondissement. Chaque arrondissement aura son réseau : le plus petit, 25 caméras, concerne le 12e, le plus grand, 93 caméras, le 18e. Ce dispositif s’ajoute aux caméras de voie publique (120), aux caméras mobiles embarquées de la préfecture de police (120), aux caméras appartenant à la Ville de Paris (206), aux caméras dans les transports (9 500, RATP et SNCF) et à celles du Parc des Princes (114).


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