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"Paris, nid d’espions", de Roger Faligot

Isabelle Mandraud, le Monde

samedi 14 novembre 2009, sélectionné par Spyworld

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Paris passé au peigne fin, sur les traces, arrondissement après arrondissement, des agents secrets et barbouzes qui y ont oeuvré. L’idée est originale. Elle produit une sorte de "Routard du renseignement" amusant, photos et illustrations à l’appui. On y croise les acteurs du Service de documentation extérieure et de contre-espionnage (Sdece), ancêtre de l’actuelle direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), du Mossad, des agents soviétiques, britanniques et des mercenaires comme Bob Denard. Du beau monde.

A côté de lieux connus, tel le numéro 7 de la rue Nélaton, 15e arrondissement, qui abrita jusqu’en 2007 les locaux de l’ex-direction de la surveillance du territoire (DST) ou le 141, boulevard Mortier, dans le 20e, siège de la DGSE surnommé "la Piscine", ce livre fourmille d’adresses moins connues. Ainsi, au 41, rue Saint-Roch (1er), un capitaine écossais, George Bruce, ouvrit en février 1917 un petit bureau chargé de recruter, à l’insu des Français, des "espions balais" pour s’immiscer derrière les lignes allemandes. Au 43, rue de Londres (8e), France Citerne, servit, dans les années 1960 de "berlue" comme on disait dans le langage du Sdece, de couverture pour une entreprise spécialisée dans les réseaux africains et qui joua un rôle-clé dans la déstabilisation de la Guinée de Sékou Touré... Au 9, rue de la Glacière (13e), une antenne du renseignement chinois, le Guoanbu, se développa après les événements tragiques de la place Tiananmen en 1989...

"Aucune métropole ne mérite plus que Paris le qualificatif romanesque et mystérieux de "nid d’espions"", assure l’auteur du livre, journaliste et écrivain, spécialisé dans le renseignement, "même si, mondialisation aidant, d’autres mégapoles lorgnent la première marche du podium dans la guerre des ombres".

Car le Paris des espions, c’est aussi la capitale des exécutions, de Mehdi Ben Barka, enlevé dans le 6e arrondissement, dont le corps n’a jamais été retrouvé, à Dulcie September, représentante à Paris de l’African National Congress (ANC) sud-africain et assassinée en 1988, 28, rue des Petites-Ecuries (10e) par les services spéciaux sud-africains. C’est enfin des lieux des boîtes aux lettres spéciales ou des adresses de rendez-vous peu communs, le jardin du Luxembourg, la station de métro Châtelet, la Crêperie de Plougastel, le deuxième étage de la tour Eiffel, la salle des pas perdus de la gare du Nord, ou la tombe de Blanqui au Père-Lachaise...


Paris, nid d’espions, de Roger Faligot. Parigramme, 192 pages, 29 €.


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