dimanche 17 décembre 2017

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Réforme de l’Armée : De Crem ne veut pas renégocier

Lesoir.be, avec Belga

dimanche 15 novembre 2009, sélectionné par Spyworld

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Des collaborateurs du ministre de la Défense, Pieter De Crem, ont reçu une délégation du front commun des syndicats militaires en marge de la manifestation nationale organisée pour protester contre le plan de restructuration de l’armée proposé par le ministre. Ce dernier a, pour sa part, fermé la porte à toute renégociation sur le fond de son projet.

Une délégation des trois syndicats (CGSP, CSC-Services Publics et SLFP) a rencontré le directeur des ressources humaines au cabinet du ministre, Philippe Thilly, lors de manifestation, qui a rassemblé de 1.675 personnes (selon la police) à 6.000 (selon les organisateurs).

M. Thilly a, selon un porte-parole de M. De Crem et plusieurs responsables syndicaux, proposé aux syndicats de reprendre les négociations dans les prochains jours pour élaborer un plan social.

Trois des quatre syndicats avaient quitté la table des négociations le 30 octobre, faute d’avoir obtenu des réponses à leurs questions au sujet du fond structurel du dossier.

Interrogé par la RTBF, M. De Crem a toutefois écarté dimanche toute « possibilité de rediscuter » son plan, qui comprend une réduction des effectifs de l’armée à 34.000 personnes et la fermeture de 23 installations militaires.

« Le plan a été approuvé par le gouvernement et discuté au parlement », a-t-il fait valoir, confirmant sa fermeté sur la question. Pas de volet social

Pour rappel, le plan De Crem prévoit la suppression de 5.000 postes de fonctionnaires et de 23 casernes. De nombreuses mutations sont également prévues, ce qui entraînera des nouveaux déménagements pour les militaires et leur famille.

« Le plan prévoit le déménagement de la caserne de Jambes à Amay, alors qu’on a investi à Jambes pendant 15 ans et qu’à Amay de nouveaux bâtiments devront être construits », explique Patrick Descy, CGSP Défense. « Le ministre a également levé les tranches optionnelles pour acquérir 326 blindés à 429 millions d’euros alors qu’il supprime des postes et des casernes. Il n’y a aucun volet social dans ce plan que l’on nous a véritablement imposé. On demande qu’il y ait d’abord une négociation », conclut-il.

Le PS exige plus de concertation de De Crem

Le Parti socialiste a exprimé « sa solidarité, son soutien et sa compréhension » face aux inquiétudes des militaires, dont plusieurs centaines ont manifesté à Bruxelles à l’appel du front commun syndical pour protester contre le plan de restructuration de l’armée proposé par le ministre de la Défense, Pieter De Crem.

Le PS a rappelé son soutien au processus de modernisation de la Défense tel que prévu dans la déclaration gouvernementale de 2007. Mais « il regrette que le ministre De Crem ait choisi d’attendre deux ans pour imposer maintenant brutalement son plan, sans concertation ni avec les organisations syndicales ni avec les pouvoirs publics », ajoute le texte.

Le PS exige, face aux « inquiétudes légitimes des travailleurs concernés », un « accompagnement social sérieux » de la transformation de l’armée et une concertation avec les autorités locales pour la réaffectation des sites touchés par la restructuration proposée par M. De Crem (CD&V).

Pour le PS, « les travailleurs de la défense ne sont pas des pions que l’on peut déplacer à sa guise ».

Les travailleurs civils et militaires auxquels une mutation est imposée souvent à plusieurs centaines de kilomètres de leur lieu de travail initial ont des enfants et ont parfois acheté une maison. « Une concertation préalable et sérieuse avec l’ensemble des organisations syndicales est indispensable », ajoute le PS.

Le parti insiste aussi sur une bonne gestion des infrastructures publiques, rappelant que certaines infrastructures militaires promises à la fermeture ont fait récemment l’objet d’investissements importants. « Leur fermeture pure et simple se traduirait donc par un gaspillage d’argent public », préviennent les socialistes.


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