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L’ingénieur du CERN soupçonné de terrorisme ciblait les chasseurs alpins

Isabelle Mandraud, le Monde

mardi 17 novembre 2009, sélectionné par Spyworld

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Le physicien franco-algérien Adlène Hicheur projetait, selon les services de renseignement, de commettre un attentat contre l’armée française, sur le site du 27e bataillon de chasseurs alpins d’Annecy (Haute-Savoie), d’où sont parties fin 2008 trois compagnies pour l’Afghanistan. "La cible était choisie, il fallait intervenir", dit Frédéric Péchenard, directeur général de la police nationale.

Le profil de cet homme de 32 ans, chercheur au Centre européen pour la recherche nucléaire (CERN), interpellé début octobre, mis en examen pour "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste" et placé depuis lors en détention provisoire (Le Monde du 14 octobre), intéresse les Européens.

Adlène Hicheur, soupçonné d’être entré en contact par Internet avec l’organisation terroriste Al-Qaida au Maghreb Islamique (AQMI) et de lui avoir exposé ses projets, a été cité, vendredi 13 novembre, lors de la réunion exceptionnelle, à Paris, des représentants de treize centres de coordination de la lutte antiterroriste.

Au cours de ce séminaire, qui avait été précédé par une rencontre préparatoire en 2008 à Madrid, les pays disposant d’un tel organisme - dont l’Allemagne, la Belgique, le Danemark, les Pays-Bas, le Royaume-Uni... - sont convenus de lancer une structure commune : le Comité de coordination des centres antiterroristes (CCCAT).

Ce réseau, placé sous présidence espagnole pendant six mois à partir du 1er janvier 2010, sera chargé de suivre l’état de la menace terroriste. Il devrait prendre place aux côtés du Club de Berne, qui réunit les services de renseignement européens, et du groupe Atlas, formé par les unités d’intervention européennes. "Nous avons la volonté d’unir nos forces", a déclaré M. Péchenard, en clôture de la rencontre. Celle-ci s’est tenue en présence d’un adjoint du coordinateur de la lutte contre le terrorisme de l’Union européenne, Gilles de Kerchove, du directeur du centre européen chargé d’évaluer la menace (SitCen), William Shapcott, et du directeur du Centre africain d’études et de recherche sur le terrorisme (Caert), Aboubacar Gaoussou Diarra, venu témoigner de sa préoccupation sur l’AQMI et de la situation en Somalie. "Les boucliers contre le terrorisme se trouvent parfois loin de nos bases et de nos pays", a souligné M. Péchenard.

"STRUCTURE RAPIDE"

La France espère ainsi améliorer son dispositif d’alerte. "Cette nouvelle structure, rapide, non bureaucratique permettra d’échanger avec les pays frontaliers, ou sensibles, et d’avoir une vision globale", se réjouit Loïc Garnier, chef de l’Unité de coordination de la lutte antiterroriste (Uclat) française. Plus ancienne unité, l’Uclat, qui fête ce mois-ci ses 25 ans d’existence, fait la synthèse des renseignements policier, militaire et même douanier.

La perception de la menace varie, mais les membres du CCCAT partagent des priorités, comme la surveillance des réseaux radicalisés sur l’Internet. Ils se penchent sur les nouveaux modes opératoires des terroristes : l’attentat "urbain de masse", comme à Bombay, en Inde, en novembre 2008, ou l’attentat-suicide ciblé contre une personnalité. Les services de renseignement savent désormais que la tentative commise en août contre le ministre saoudien de l’intérieur, Mohamed ben Nayef, n’était pas le résultat d’un explosif sous forme de suppositoire, mais d’une ceinture attachée sur la cuisse du terroriste.


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