lundi 18 décembre 2017

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En Inde, Stephen Harper parle de terrorisme et de coopération nucléaire

Bruce Cheadle, La Presse Canadienne

mercredi 18 novembre 2009, sélectionné par Spyworld

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La menace terroriste et la coopération nucléaire civile comptaient parmi les sujets abordés mardi par le premier ministre canadien, Stephen Harper, et son homologue indien, Manmohan Singh, à New Delhi.

Les deux hommes ont promis de coopérer sur une série de points sensibles qui pourraient compromettre le renouveau des relations indo-canadiennes.

La rencontre entre MM. Harper et Singh s’est déroulée au moment où les sites nucléaires de l’Inde font désormais l’objet de mesures de sécurité exceptionnelles en raison de menaces d’actes terroristes visant ces installations.

Un Canado-Pakistanais qui vit aux Etats-Unis depuis 15 ans fait d’ailleurs l’objet de soupçons : Tahawwur Hussain Rana, détenu à Chicago, se serait livré à du recrutement terroriste à Mumbai et un présumé complice, David Headley, aurait visité des sites nucléaires indiens.

Des sources gouvernementales indiennes font état de la découverte, par le FBI, de cartes, plans et autres documents reliés à des sites nucléaires indiens. Headley, qui est accusé en Inde d’avoir participé aux attentats terroristes de l’année dernière à Mumbai, aurait visité plusieurs provinces abritant des installations nucléaires.

Bien que toutes ces allégations soient entourées d’un voile officiel de confidentialité, la question de la sécurité nucléaire demeure un point sensible des relations indo-canadiennes.

Les militants du désarmement redoutent qu’une éventuelle entente entre l’Inde et le Canada en matière nucléaire permette à l’Inde de bonifier son programme d’armes nucléaires. D’ailleurs, dans les années 70, un réacteur Candu avait été utilisé par l’Inde dans son programme nucléaire militaire, malgré des promesses officielles à l’effet contraire.

Le geste indien avait causé un froid dans les relations entre les deux pays qui a duré deux décennies et la méfiance demeure très élevée du côté des critiques en matière nucléaire.

"Nous ne sommes plus dans les années 70. Nous sommes en 2009", a déclaré Stephen Harper mardi lors d’une conférence de presse commune avec Manmohan Singh.

"En dépit des défis auxquels fait face ce pays en raison de la région où il est situé, il est un ami stable et fiable de notre pays et nous n’avons aucune hésitation à conclure avec lui ce genre d’accord", a rajouté M. Harper en faisant allusion à la coopération nucléaire civile.

Le dossier est à ce point délicat qu’une rencontre, mardi, entre le premier ministre Harper, des représentants gouvernementaux indiens et des gens des industries nucléaires indiennes et canadiennes n’était pas inscrite à l’horaire remis aux médias accompagnant le premier ministre.

Le président et directeur-général d’Energie atomique du Canada (EACL), Hugh MacDiarmid, a affirmé à La Presse Canadienne après avoir participé à la rencontre qu’il n’y avait aucun obstacle fondamental, selon sa compréhension, à la conclusion d’une entente de coopération nucléaire.

Energie atomique du Canada espère à long terme pouvoir vendre un autre réacteur à l’Inde mais vise à court terme des contrats d’entretien des réacteurs existants.

La question de vente d’uranium canadien à l’Inde est cependant beaucoup plus délicate. L’Inde a des réserves limitées d’uranium. Toute reprise d’importation d’uranium du Canada ou d’ailleurs permettrait à l’Inde de consacrer sa production interne à un usage militaire.

Si la finalisation de l’accord sur la coopération nucléaire se fait attendre, le Canada et l’Inde ont toutefois signé une entente de coopération énergétique, qui n’inclut pas l’énergie nucléaire, et semblent sur le point de conclure un arrangement de libre-échange en acceptant de mettre sur pied un groupe d’étude "pour explorer les paramètres" d’un tel arrangement.

Poursuivant son premier voyage en Inde, le premier ministre Harper a rencontré de nombreux représentants du gouvernement indien mardi, dont le ministre des Affaires étrangères, le vice-président, et Sonia Gandhi, chef du Parti national du Congrès indien.

M. Harper et son épouse Laureen ont également visité le monument en mémoire de Mahatma Gandhi, père de l’Inde moderne. Stephen Harper a signé le livre des visiteurs, qualifiant Gandhi de "modèle pour toute l’humanité".

Le séjour de trois jours se terminera par la visite mercredi du temple hindou BAPS Swaminarayan Akshardham, à New Delhi, et du fameux Temple d’or au coeur du quartier sikh de la ville d’Amritsat.


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