dimanche 17 décembre 2017

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Le chef de la diplomatie iranienne rejette l’offre de l’AIEA sur le nucléaire

Joëlle Stolz, le Monde

jeudi 19 novembre 2009, sélectionné par Spyworld

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Finalement, c’est non : après quatre semaines de débats et de commentaires contradictoires, Téhéran a refusé une offre de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) présentée par les Occidentaux comme sa dernière chance d’éviter d’autres sanctions.

Les Etats-Unis et leurs alliés discutent désormais des "conséquences" de ce refus, a indiqué, jeudi 19 novembre, le président américain, Barack Obama, à Séoul, en déplorant que les responsables iraniens n’aient pas été capables de saisir la perche. Cet accord ouvrait la voie à des négociations globales sur le rôle régional de l’Iran, mais impliquait que Téhéran envoie à l’étranger environ 70 % de son uranium enrichi pour le transformer en combustible destiné à un réacteur de recherche.

"Nous avons fait un examen technique et économique (de la proposition, formulée le 21 octobre à Vienne avec la France, les Etats-Unis et la Russie). Très certainement, nous ne transférerons pas à l’étranger notre uranium enrichi à 3,5 %", avait déclaré la veille à l’agence Isna le ministre iranien des affaires étrangères, Manouchehr Mottaki. Il soulignait en revanche la disponibilité de son pays à un "échange simultané en Iran même", de son uranium déjà faiblement enrichi contre du combustible pour son réacteur de recherche.

Mais Washington, Paris et Moscou, qui ont patronné le projet de l’AIEA, considèrent l’envoi de l’uranium à l’étranger comme un point capital pour tester la bonne volonté de l’Iran. Si le porte-parole du département d’Etat, Ian Kelly, est resté prudent, considérant que les déclarations de M. Mottaki n’étaient pas encore une réponse "écrite", le chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner, s’est montré déçu de la "réponse extrêmement négative" de Téhéran.

L’offre occidentale a mis en relief les différentes approches au sein du régime iranien. C’est, paradoxalement, le président Mahmoud Ahmadinejad, connu pour ses attaques verbales contre Israël et dont la réélection en juin a été contestée dans la rue, qui s’est le plus engagé en faveur de la proposition de l’AIEA, cherchant avec des pays tels que la Turquie une solution acceptable pour entreposer l’uranium enrichi hors du territoire iranien. En revanche, son principal rival lors de l’élection, Mir-Hossein Moussavi, mais aussi certains conservateurs, ont contré avec des arguments nationalistes un compromis qui aurait rapporté à M. Ahmadinejad le bénéfice d’un déblocage avec les Etats-Unis.


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