mercredi 18 octobre 2017

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L’armée de terre relance son recrutement

Philippe Migault, Le Figaro

lundi 10 janvier 2005, sélectionné par Spyworld

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La crise semble conjurée. L’armée de terre, contrainte pour impératifs budgétaires à limiter au deuxième semestre 2004 le chiffre de ses nouveaux engagés au strict remplacement des départs, va relancer sa campagne de recrutement dans les jours qui viennent. Michèle Alliot-Marie ayant obtenu de l’Etat un effort supplémentaire en faveur du financement des opérations extérieures, qui pèsent chaque année sur le budget des armées, la sérénité semble revenue au sein des forces terrestres qui redoutaient une poursuite du gel des recrutements entraînant, à terme, une importante réduction d’effectifs.

Pour le général Cambournac, sous-directeur du recrutement au sein de la direction du personnel militaire de l’armée de terre, l’épisode est clos. « A l’été 2004, on a freiné nos recrutements pour contenir les dépenses de masse salariale. On se retrouve donc dans une situation budgétaire saine. La crainte d’une possible réduction d’effectifs est derrière nous et il faut relancer la machine pour que les gens retrouvent le chemin de nos cellules de recrutement. Nous avons besoin de 4 000 hommes au premier trimestre. Sachant qu’il faut six à huit mois pour former un soldat apte à partir en opérations extérieures, nous devons aller vite », dit-il. En 2005, plus de 17 000 nouveaux soldats, officiers, sous-officiers, militaires du rang, devraient, selon lui, s’intégrer dans les régiments des différentes armes.

Certes, ce contingent n’est pas d’une importance exceptionnelle. En 2003, « pic de la professionnalisation des forces », ce chiffre avait atteint les 20 000 recrues. Mais 14 500 hommes seulement ont intégré l’armée de terre l’an dernier. Reste que le général Cambournac est optimiste. Car la restriction des engagements survenue en 2004 n’a pas eu que des effets négatifs. L’afflux des candidatures n’ayant pas diminué, les militaires ont eu pour la première fois le choix, quel que soit le poste, entre plusieurs candidats. De surcroît, compte tenu des nombreux postulants qui ont été mis en attente, le succès devrait être au rendez-vous de la nouvelle campagne. En 2004, nombre de dossiers valables ont été momentanément refusés alors « que nous avions huit candidats pour un poste en ce qui concerne les unités comme les régiments de parachutistes et 1,2 candidat par poste au niveau de nos spécialités les plus techniques », souligne le général Cambournac.

Dans les prochaines semaines, l’armée de terre sera de nouveau présente sur les petits écrans. Mais les spots publicitaires ne sont que la partie la plus visible de l’iceberg. « Nous avons, dès le début de l’année, relancé notre campagne scolaire. Nous proposons à la quasi-totalité des proviseurs des lycées et de collèges d’intervenir dans le cadre du parcours citoyen et de l’orientation scolaire. Nous allons intensifier notre présence dans les forums de l’étudiant, les salons de l’emploi et nous serons bien sûr partie prenante lors des journées de rencontre Nation-défense des 21 et 22 mai prochain », précise le général. Au total, l’armée de terre devrait consacrer en 2005 plus de 8 millions d’euros pour sa communication de recrutement.

Au-delà de cet aspect quantitatif, le volet qualitatif fera aussi l’objet d’un effort particulier. Fidèle à sa mission d’intégration sociale, qui ne s’est jamais démentie depuis les débuts de la conscription, l’armée veillera à ce que les plus défavorisés se voient offrir une chance de promotion. Un point auquel tient particulièrement le général Cambournac : « J’ai donné des directives très strictes pour que sur les 17 000 postes à pourvoir, 3 500 à 4 000 soient réservés à des jeunes en difficulté. Soit ceux qui n’ont aucune formation, soit ceux qui ont pu avoir quelques légers démêlés avec la justice. Car nous n’avons pas seulement la capacité et la mission de participer à l’intégration des jeunes en difficulté en France, nous avons aussi un certain savoir-faire. En tant qu’ancien patron du 17e régiment du génie parachutiste, je peux affirmer que la plupart d’entre eux peuvent devenir d’excellents soldats. Il ne faut pas nécessairement des quantités de diplômes pour bien s’acquitter de sa mission. »

Quant au rôle social de l’officier, il ne se dément pas. Il sera d’autant plus crucial dans les années à venir que la plupart des nouvelles recrues, très vite, seront appelées à servir sur des théâtres d’opérations où elles devront être soudées autour de leurs cadres.


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