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Le train Moscou-Saint-Pétersbourg a déraillé à cause d’une bombe

Denis Siniakov, Reuters

dimanche 29 novembre 2009, sélectionné par Spyworld

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Les services de sécurité intérieure russes ont confirmé que le déraillement, vendredi, de l’express Moscou-Saint-Pétersbourg était dû à l’explosion d’une bombe équivalent à sept kilos de TNT.

Un second engin, de moindre puissance, a explosé samedi après-midi, sans faire de victime, a annoncé Vladimir Iakounine, président des chemins de fer.

S’agissant de la première bombe, Alexandre Bortnikov, directeur du FSB, a déclaré au président Dmitri Medvedev qu’il s’agissait d’un engin d’une puissance équivalente à sept kilos de TNT.

Pour le moment, personne n’a revendiqué publiquement la responsabilité de l’attentat, le plus grave survenu en dehors du Nord-Caucase depuis les attentats suicide de Moscou en 2004. Mais il risque de relancer les craintes de nouvelles attaques de rebelles tchétchènes au coeur de la Fédération.

Le déraillement, survenu dans la soirée, a fait des dizaines de morts et une centaine de blessés à bord du "Nevsky Express" dont les 14 wagons transportaient 682 passagers, avec 29 membres du personnel.

Le ministère des Situations d’urgence a précisé que 26 décès au moins ont été confirmés et que 18 personnes manquaient à l’appel. Auparavant, un responsable des équipes de secours avait évoqué un bilan de 39 morts. Le nombre de blessés s’établit à 96, d’après le ministère.

"Des experts en criminologie affirment que sur la base des premiers éléments de l’enquête, une bombe d’une puissance équivalente à sept kilos de TNT a explosé", a déclaré le directeur du FSB lors d’une rencontre avec le chef de l’Etat qui était télévisée.

Des enquêteurs ont découvert des fragments de qu’ils croient être une bombe et une enquête criminelle a été ouverte par le parquet général pour terrorisme.

Le luxueux "Nevski Express" a déraillé à 21h34 locales (18h34 GMT) près du village d’Ouglovka, à 350 km au nord de la capitale. Certains témoins ont affirmé avoir entendu une forte explosion mais un autre passager a défendu la thèse contraire devant des journalistes dans l’ancienne capitale impériale.

Un photographe de Reuters a aperçu des militaires emportant avec eux quatre sacs mortuaires alors que les sauveteurs fouillaient dans l’amas de tôles et d’acier tordus à la recherche de rescapés dans les deux wagons au moins qui sont sortis des rails sous la force de la déflagration.

CRATÈRE D’UN MÈTRE DE PROFONDEUR

Le président Medvedev a adressé ses condoléances aux familles des victimes et a invité ses ministres à faire le maximum pour que les blessés soient correctement soignés et indemnisés.

En août 2007, sur la même ligne, un train avait déraillé après une explosion sur la voie. Trente personnes avaient été blessées. Le procès de plusieurs suspects dans cette affaire se tient actuellement à Novgorod, dans le nord-ouest de la Russie. La justice les soupçonne de liens avec des rebelles tchétchènes.

"Il y a des éléments objectifs qui laissent à penser qu’un engin explosif est l’une des principales explications" à la catastrophe de vendredi soir, avait auparavant déclaré le président des chemins de fer, Vladimir Iakounine, qui s’est rendu sur place. "Pour le dire clairement, un acte de terrorisme", a-t-il plus tard ajouté sur la chaîne de télévision Vesti-24.

"Dans ce genre d’affaires, la piste tchétchène est habituellement privilégiée", a indiqué de son côté Alexeï Moukhine, du Centre d’information politique russe.

L’agence de presse Interfax a rapporté qu’un cratère d’un mètre de diamètre avait été découvert au bord de la voie ferrée.

La catastrophe, qui s’est produite sur l’un des axes ferroviaires les plus fréquentés du pays, a contraint à dérouter plusieurs trains sur des voies secondaires et quelque 27.000 passagers ont subi des retards.

A Washington, le porte-parole de la Maison blanche, Robert Gibbs, a adressé un message de sympathie à la Russie. "Nous sommes profondément attristés par le terrible bilan du déraillement ferroviaire (...)", a-t-il dit.

Le président français Nicolas Sarkozy a exprimé "sa profonde tristesse" et a tenu "à assurer les autorités et le peuple russes, face à cette terrible épreuve, de la sympathie et de la solidarité de la France", précise un communiqué de l’Elysée.

Avec Gleb Stoliarov à Moscou et Denis Pinchuk à Saint-Pétersbourg, version française Gregory Schwartz, Guy Kerivel et Jean-Loup Fiévet


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