dimanche 22 octobre 2017

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L’Iran va étendre son programme nucléaire

R. G., le Figaro

dimanche 29 novembre 2009, sélectionné par Spyworld

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Téhéran annonce la construction de dix nouveaux centres d’enrichissement d’uranium

Loin de saisir la main que leur avait tendue le président Obama dès le mois de mars dernier, les dirigeants iraniens poursuivent leurs provocations sur le dossier nucléaire.

Le président Mahmoud Ahmadinejad a annoncé hier après-midi que son gouvernement allait examiner, lors d’une réunion mercredi prochain, la possibilité d’enrichir de l’uranium à 20 % ainsi que la construction de dix nouvelles usines d’enrichissement.

Cette annonce intervient deux jours après l’adoption par le Conseil des gouverneurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique de Vienne (AIEA) d’une résolution condamnant l’Iran pour son programme nucléaire, et demandant la « suspension » de la construction du nouveau site d’enrichissement de Fordo (région de Qom, centre du pays). La Russie et la Chine avaient voté pour. Seuls Cuba, le Venezuela et la Malaisie ont voté contre. Les deux premiers pays suivent depuis longtemps une ligne d’antiaméricanisme systématique. Le cas de la Malaisie, pays habituellement modéré, s’explique par le rôle important joué par ses banques pour aider l’Iran à contourner les sanctions financières déjà imposées par le Conseil de sécurité de l’ONU.

L’existence de ce site secret - qui avait été repéré par les services de renseignement occidentaux - n’avait été révélée à l’AIEA qu’en septembre dernier par le gouvernement iranien.

Surenchère politique

Dans une surenchère politique au sein des institutions de la République islamique, le Parlement de Téhéran avait, dimanche matin, demandé au gouvernement de lui présenter rapidement un plan « visant à réduire le niveau de coopération avec l’AIEA ». Tout se passe comme si le régime des mollahs ne prenait pas au sérieux la volonté de l’Occident d’empêcher, après son échec en Corée du Nord, un nouvel acte de prolifération nucléaire. Aux yeux des dirigeants iraniens, l’Amérique a perdu tout pouvoir de dissuasion. Les mollahs font le calcul que les États-Unis, déjà embourbés dans deux guerres de plus en plus impopulaires chez eux (l’Irak et l’Afghanistan), n’ont pas les moyens d’en envisager une troisième, contre l’Iran.

Les dirigeants islamistes ne croient pas non plus aux menaces, émises par le gouvernement israélien, de manière de moins en moins voilée, de bombarder les installations nucléaires iraniennes.

D’éventuelles nouvelles sanctions commerciales ne semblent pas non plus affecter l’humeur du régime iranien. Téhéran pense que la Russie et la Chine finiront toujours par s’opposer à l’adoption de sanctions efficaces, comme l’interdiction d’exporter de l’essence vers l’Iran, au Conseil de sécurité de l’ONU. En raison de la vétusté de ses raffineries, l’Iran importe 60 % de l’essence qu’il consomme. Les dirigeants iraniens commettent peut-être là une erreur d’appréciation. La Russie se montre beaucoup moins tolérante à l’égard de l’Iran qu’il y a deux ans. Moscou a renoncé à livrer à Téhéran son système S300 de missiles antiaériens, lequel aurait rendu très difficile un raid de l’aviation israélienne. En revanche, la Russie vient de livrer à l’Arabie saoudite, le grand rival de l’Iran dans le Golfe, son système S400, le nec plus ultra en matière de défense antiaérienne…


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