dimanche 22 octobre 2017

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Exercice après une menace au Zyklon B à l’aéroport de Nice

Paul Barelli, Le Monde

lundi 10 janvier 2005, sélectionné par Spyworld

Une lettre de menace d’attentat au gaz Zyklon B à l’aéroport de Nice, annoncé pour le dimanche 9 janvier au matin, est à l’origine du déclenchement d’un important exercice d’alerte NRBC (nucléaire, radiologique, bactériologique et chimique). Près de 350 personnes - civils et militaires - ont été mobilisées au nom du principe de précaution, dans le cadre du plan Piratox. Cette opération a permis de tester la réactivité des dispositifs de secours, notamment en perspective de la réunion à Nice, le 10 février, des ministres de la défense des pays membres de l’OTAN.

La menace avait été formulée dans une lettre, rédigée en allemand, qui est parvenue vendredi aux autorités aéroportuaires. Un mystérieux groupe antimondialisation, baptisé EBG (Europãische Befreiungsfront Globalisierung, Front de libération européen contre la globalisation) menaçait de faire exploser une cartouche de Zyklon B, gaz utilisé par les nazis dans les camps de la mort. "S’il devait y avoir des mouvements d’avions à Nice entre 9 heures et midi, la cartouche de gaz, qui se trouve dans un sac de voyage serait mise à feu à distance", précisait la lettre, qui s’élevait contre "l’exploitation des hommes et des femmes -...- et de la nature par toutes les formes de mondialisation". La section antiterroriste du parquet de Paris a été saisie. L’enquête a été confiée à la direction inter-régionale de police judiciaire de Marseille (DIPJ) et à la direction nationale antiterroriste (DNAT), qui s’efforcent d’identifier les auteurs de la lettre.

"Ce n’était pas un canular, a précisé Pierre Breuil, le préfet des Alpes-Maritimes. La menace était sérieuse, elle a été présentée par des gens qui visiblement connaissaient bien le produit dont ils parlaient." M. Breuil a indiqué que cette alerte lui avait fourni le scénario idéal pour organiser un exercice NRBC. Confrontés à ce dispositif de sécurité, quelques passagers de l’aéroport, persuadés d’avoir été intoxiqués, se sont trouvés mal.

Dans ce scénario d’une contamination au Zyklon B, "nous avons testé la rapidité d’extraction des victimes hors de la zone contaminée, explique un médecin du SAMU.Il faut agir très vite car ce gaz, à base de cyanure, peut être mortel." Bien que le risque soit moins élevé dans un vaste hall, commecelui d’un aéroport, près de 400 doses d’antidote étaient prêtes à être injectées. Au côté des 60 médecins et infirmiers du SAMU, assistés de spécialistes de l’armée, 200 pompiers étaient engagés ainsi que des unités d’élite de la Sécurité civile acheminées de Paris. Ces dernières étaient équipées de spectromètres de masses qui permettent de définir la nature du produit de contamination pour adapter la réponse médicale. Deux postes médicaux avancés avaient été mis en place sur le tarmac de l’aéroport. Le directeur de la deuxième plateforme française, Hervé de Place, estime que cet exercice qui n’a entraîné ni retard ni suppression de vol dans le trafic aérien, était nécessaire. "Nous avons renforcé les fouilles et vérifié tous les conduits où le gaz peut se propager. Des exercices de sécurité, on n’en fait jamais assez."


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