vendredi 20 octobre 2017

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Espionnage : Les 007 de Pékin s’en donnent à cœur joie

Fabrice de Pierrebourg,

dimanche 6 décembre 2009, sélectionné par Spyworld

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Pendant que Pékin sermonne le Canada et son premier ministre, ses James Bond multiplient les « exploits » dans le monde. Récemment, plusieurs d’entre eux auraient été impliqués dans des histoires dignes des grands classiques de l’espionnage.

L’espionnage est l’un des deux plus vieux métiers du monde. Il est pratiqué par la plupart des pays, qu’ils fassent partie du groupe des « méchants » traditionnels, du point de vue de l’Occident, ou de nos « amis ».

Avant la chute du mur de Berlin, il y a tout juste vingt ans, les méchants, c’étaient essentiellement la défunte URSS et ses pays satellites. Aujourd’hui, c’est la Chine qui fait trembler les services secrets occidentaux. À juste titre, si l’on en juge par la prolifération d’histoires de cyberespionnage ou d’espionnage qui porteraient la signature des agents de l’Empire du milieu.

Près de nous, c’est le propriétaire de la mine Jeffrey, à Asbestos, qui pense avoir été la victime d’une opération d’espionnage industriel.

Bernard Coulombe se serait fait leurrer par des prétendus investisseurs chinois à qui il aurait fourni des études de marché approfondies. Des documents qui comprenaient des données à ne pas mettre, en théorie, entre les mains de concurrents, par exemple son plan d’affaire et la liste de ses clients, mais aussi ses secrets industriels. Monsieur Coulombe s’était laissé convaincre après que ces interlocuteurs eurent envisagé d’investir quarante millions de dollars dans un projet de mine souterraine.

Tombé dans le « pot de miel »

Plus olé-olé, en revanche, le « pot de miel » dans lequel se serait empêtré l’ancien maire adjoint de Londres, Ian Clement, lors des Jeux olympiques de Pékin.

Si ce que ce politicien affirme est vrai, il doit se mordre les doigts de ne pas avoir visionné la collection complète des films de James Bond avant son voyage.

Ian Clement, qui a démissionné il y a quelques mois à la suite d’un scandale de notes de frais gonflées, soutient avoir succombé aux charmes d’une jeune Mata-Hari asiatique lors d’une fête. Celle-ci l’aurait rejoint dans sa chambre d’hôtel. Et après ? Ian Clement ne se souvient plus de rien. Si ce n’est que son portefeuille avait été fouillé et des documents de travail, éparpillés sur le sol de sa chambre. Même son BlackBerry aurait été consulté.

Vrai ou pas, il faut savoir que ce « stratagème de la belle » est une tactique qui figure parmi l’arsenal favori de la plupart des services secrets pour recruter ou compromettre, parce que rarement infaillible.

Ian Clement, qui avait pourtant assisté à une petite séance d’information préventive avant son départ pour l’Empire du milieu par le MI6 britannique, n’est donc pas le premier – ni le dernier – à se faire prendre.

L’Allemagne sort ses griffes

Fin novembre 2009, le magazine allemand Der Spiegel rapportait que la police munichoise avait perquisitionné dans les domiciles de quatre ressortissants chinois. Ceux-ci sont suspectés d’être membres d’un réseau d’espionnage dirigé depuis le consulat général local. Ces espions et informateurs chinois avaient à l’œil l’imposante communauté ouïghoure, la plus importante du monde. C’est en effet à Munich que le Congrès mondial ouïghour a établi ses quartiers.

Ces raids médiatiques constituent un avertissement sérieux adressé à Pékin de la part des autorités allemandes. Surtout que deux ans auparavant, rappelle le Der Spiegel, un diplomate chinois avait fait ses valises en catastrophe juste avant d’être interpellé par la police. Il avait été observé à plusieurs reprises en réunion avec des espions qui lui fournissaient des informations sur ces « poisons » ouïghours.

Un millier d’agents au Canada

Au Canada, la Chine figure dans le trio de tête des nations pratiquant l’espionnage sous toutes ses formes. Pékin aurait mis en place sur le territoire canadien un réseau d’environ un millier d’agents secrets et d’informateurs, a-t-on appris en 2005. Des allégations que le gouvernement chinois, et sa représentation diplomatique à Ottawa, ont toujours niées farouchement.

Qui seraient ces 007 made in China ? Des agents professionnels agissant sous diverses couvertures, notamment diplomatiques, mais aussi des hommes d’affaires, des étudiants, des journalistes, etc. On les retrouve aussi au sein d’associations. Certains de ces « touristes hyperactifs », comme les a déjà qualifiés avec humour l’ex-patron du SCRS, Jim Judd, appartiennent au sinistre et mystérieux « Bureau 610 ». Cette « Gestapo chinoise », comme la surnomment les dissidents, a ses antennes dans la plupart des ambassades et consulats.

Leur travail consiste, entre autres, à identifier et neutraliser les « cinq poisons ». Sous ce vocable sans équivoque, on retrouve les Tibétains, les Ouïghours du Turkistan de l’Est, les pratiquants du Falun Gong, les opposants de tout acabitt et les activistes pro-démocratie et les militants en faveur de l’indépendance de Taïwan.


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