mardi 12 décembre 2017

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Al-Qaida revendique le rapt d’un Français

Le Figaro, avec AFP

mardi 8 décembre 2009, sélectionné par Spyworld

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La branche d’al-Qaida au Maghreb islamique assure avoir enlevé Pierre Camatte fin novembre au Mali, et détenir trois Espagnols en Mauritanie. Ses revendications restent encore inconnues.

Les soupçons qui se portaient sur la branche d’al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi) viennent de se confirmer. Le mouvement islamique a en effet revendiqué mardi matin dans un enregistrement sonore diffusé par la chaîne de télévision al-Jezira l’enlèvement de l’humanitaire français Pierre Camatte le 25 novembre dernier au Mali. Il reconnaît aussi détenir trois Espagnols en Mauritanie.

Le message est clair et concis. « Deux unités des vaillants moujahidine ont réussi à enlever quatre Européens dans deux opérations distinctes : la première au Mali où a été enlevé le 25 novembre le Français Pierre Camatte, et la deuxième en Mauritanie où ont été enlevés le 29 novembre trois Espagnols », déclare le porte-parole du groupe extrémiste, Saleh Abou Mohammad, dans l’enregistrement. Il ajoute que « la France et l’Espagne seront informées ultérieurement des revendications légitimes des moujahidine », sans d’autres précisions.

Le Français Pierre Camatte, 61 ans, a été kidnappé le 25 novembre à Ménaka, à une centaine de kilomètres de la frontière avec le Niger. Une zone particulièrement dangereuse qui sert de refuge depuis 2008 aux groupes enlevant des Occidentaux en Tunisie ou encore au Niger. Des Canadiens et Européens y ont été relâchés, mais un Britannique y a été exécuté en juin.

La piste de l’enlèvement déjà évoquée

Les trois volontaires espagnols, deux hommes et une femme de l’ONG Barcelona Accio solidaria ont été enlevés sur la route côtière très fréquentée Nouadhibou-Nouakchott, à 170 km au nord de la capitale alors qu’ils circulaient à bord du dernier véhicule d’un convoi acheminant de l’aide vers l’Afrique de l’Ouest.

Le porte-parole de l’Aqmi a identifié les trois otages espagnols, précisant que l’un d’eux, Albert Vilalta, est le directeur d’une société de tunnels. Les deux autres otages espagnols sont Roque Pascual, 50 ans, dirigeant d’entreprise du secteur de la construction, et Alicia Gámez, 35 ans, fonctionnaire de l’administration judiciaire.

La plupart des observateurs à Nouakchott avaient attribué ce rapt aux islamistes armés, en faisant un lien avec l’enlèvement du Français dans le nord-est du Mali voisin. Des sources sécuritaires maliennes avaient assuré que l’otage français était aux mains de « l’aile dure » d’al-Qaida au Maghreb islamique.

Pour le directeur du journal mauritanien indépendant Tahalil Hebdo, Isselmou Ould Salihi, les terroristes visent « l’Europe et particulièrement la France et l’Espagne, engagées dans la lutte contre Aqmi dans la région » et « veulent se donner la possibilité de négocier la libération de leurs combattants détenus à Nouakchott et d’obtenir des rançons ».


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