dimanche 22 octobre 2017

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Mali-Mauritanie - Un Français dans les griffes de “l’aile dure” d’al-Qaida

Philippe Cohen-Grillet, France Soir

mercredi 9 décembre 2009, sélectionné par Spyworld

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Le groupe islamiste à l’origine du rapt a déjà tué. De longue date, les services antiterroristes tricolores ont identifié le danger que représente le groupe qui menace la vie du ressortissant français.

Un vent mauvais s’est levé au Sahel. Le Français Pierre Camatte, enlevé au Mali dans la nuit du 25 au 26 novembre dernier, se trouve actuellement entre les mains « de l’aile dure d’al-Qaida au Maghreb islamique » (l’Aqmi, de funeste connaissance) qui détient également trois Espagnols capturés au Mali, dixit une source sécuritaire malienne rapportée par l’AFP.

Dans un enregistrement audio diffusé hier matin par la chaîne de télévision Al-Jazira, le mouvement terroriste a revendiqué le rapt des quatre Européens, présenté comme le succès de « deux unités de vaillants moudjahidine ».

Le sang a coulé, « il faut faire vite »

Le pire est à craindre, car le sang a déjà coulé. Le groupe ayant fait allégeance à al-Qaida est dirigé par un dénommé Abou Zeïd, le même qui s’est gargarisé d’avoir exécuté un touriste britannique, Edwin Dyer, après l’avoir enlevé en juin dernier. Zeïd « est très dangereux, il faut donc faire vite », clament les autorités maliennes, pressant leurs homologues françaises et espagnoles d’intervenir pour éviter le bain de sang.

La vie de Pierre Camatte serait donc en jeu. Ce Français, âgé de 61 ans, était installé au Mali depuis 2008, plus précisément dans la région de Ménaka, au nord du pays, selon les autorités locales. Il y gérait un hôtel mais, surtout, présidait l’association humanitaire baptisée Gérardmer-Tidarmene, dont le siège se situe à Metz, en Moselle.

Un rapt monnayé ?

Les circonstances exactes de son enlèvement restent troubles. Une source sécuritaire malienne a confié que les islamistes armés n’étaient « pas venus eux-mêmes, mais que (le rapt) relevait d’une commande » passée par de mystérieux « intermédiaires » qu’il est possible « de rechercher parmi les relations de Pierre Camatte ». En clair, l’enlèvement du Français pourrait avoir des motivations crapuleuses ou avoir été commandité par la mouvance d’al-Qaida à des connaissances du travailleur humanitaire, moyennant rétribution sonnante et trébuchante.

La France, cible privilégiée

Sans attendre la revendication, pas plus que les messages alarmistes des autorités maliennes, la section antiterroriste du parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire dès vendredi. Les investigations ont été confiées à la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), les services spécialisés du contre-terrorisme français.

Ce type de procédure est certes classique, mais les faits soulignent la pertinence de l’analyse de la DCRI. De longue date, ces policiers de choc, rompus au renseignement et à l’action préventive, avancent que la plus grande menace pesant sur les ressortissants français émane de la branche maghrébine d’al-Qaida. Ces activistes, héritiers du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), lui-même né du sanguinaire GIA algérien, ne poursuivrait qu’un seul objectif : frapper des Français, sur le territoire national ou à l’étranger.

Selon la section antiterroriste, l’Aqmi représente une menace « réelle, constante et élevée ». Entravés dans leur sinistre besogne dans l’Hexagone, les « moudjahidine » tenteraient de planifier d’autres actions contre les ressortissants français dans d’autres pays européens ou, à défaut, sous de plus lointaines latitudes. L’enlèvement de Pierre Camatte en est une illustration tragique, qui pourrait tourner au dramatique.


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