vendredi 24 octobre 2014

Accueil du site > Technologie > Préférence nationale pour les équipements high-tech du gouvernement (...)

Préférence nationale pour les équipements high-tech du gouvernement chinois

Nicolas Sridi, 01net

mercredi 16 décembre 2009, sélectionné par Spyworld

logo

Les autorités chinoises ont lancé récemment une initiative pour promouvoir l’innovation locale en privilégiant les producteurs du pays pour la fourniture des équipements IT du gouvernement. Une démarche qui fait grincer des dents les entreprises étrangères du secteur.

Imaginez les besoins en ordinateurs, logiciels, équipements télécoms et autres d’une administration et d’un gouvernement gérant près de 1,5 milliard d’individus. Pas besoin d’être un spécialiste pour deviner qu’ils sont gigantesques. Ce marché alléchant vient d’être quasiment interdit aux entreprises étrangères via le programme « Indigenous Innovation Product Accreditation » lancé à la mi-novembre. La nouvelle mesure prévoit la création d’un catalogue de produits privilégiés lors des appels d’offres des administrations publiques. Les conditions pour faire partie du club excluent quasiment les entreprises étrangères, puisque tous les droits de propriété intellectuelle sur les produits doivent être obligatoirement déposés en Chine et que la date limite d’inscription a été fixée au 10 décembre.

Du coup, une trentaine d’organisations comme la Chambre de commerce américaine a signé une lettre demandant le retrait du programme. Pour Robert Holleyman, président de la Business Software alliance (BSA), qui représente des grands noms de la IT comme IBM, Cisco ou Microsoft, « il s’agit d’une action sans précédent en termes de barrières à l’encontre de produits étrangers […] qui nuira finalement à l’innovation en Chine ». D’après la BSA, le marché lié au gouvernement est le premier en Chine pour les producteurs de logiciels américains.

Des relents de guerre de l’opium...

Sur les forums chinois, la vision est assez différente et pour nombre d’internautes, il est normal que l’argent des contribuables finance des entreprises locales plutôt qu’étrangères.

« Les étrangers comme Microsoft dominent déjà le marché privé. Comment pourrions-nous passer du made in China au design in China si nos entreprises ne sont pas soutenues chez elles ? Nos taxes doivent-elles alimenter des profits à l’extérieur », s’interroge l’un d’entre eux.

Plus tranchant, un autre internaute use d’arguments historiques pour justifier son soutien à la mesure : « Tout cela me rappelle la période de la guerre de l’opium, lorsque les Occidentaux voulaient nous obliger à acheter leur drogue ! En plus, ils sont les premiers à mettre en place des tas de mesures contre les produits chinois chez eux. Le gouvernement a raison d’agir de la sorte pour protéger nos entreprises. »

Alors, crise de protectionnisme aiguë ou machination diabolique de l’Ouest ? Chacun voit midi à sa porte. En attendant, la lettre demandant le retrait de la nouvelle mesure reste, à ce jour, sans réponse.


Envoyer : Newsletter Imprimer : Imprimer Format PDF : Enregistrer au format PDF PartagerPartager :