jeudi 14 décembre 2017

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Changement en vue à la tête des armées françaises, sur fond de contrat brésilien

Jean Guisnel, Le Point.fr

vendredi 18 décembre 2009, sélectionné par Spyworld

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Dans sa dernière livraison, la lettre confidentielle La Lettre A (accès payant) croit savoir que le remplacement de l’amiral Édouard Guillaud, actuel chef d’état-major particulier (CEMP) du président de la République se précise, et que deux candidats sont en lice : en pole position, le général Pierre de Villiers , actuel chef du cabinet militaire du Premier ministre. Notre confrère voit en seconde position le général Benoît Puga, actuel chef de la DRM (Direction du renseignement militaire).

Selon nos propres informations, ces deux noms sont exacts, mais le général Puga ne serait qu’en troisième position. Devant lui, mais après Pierre de Villiers, se situerait le général Didier Bolelli, actuel chef de la DPSD (Direction de la protection et de la sécurité de la défense). Pierre de Villiers - ancien patron de la 2e brigade blindée - et Didier Bolelli - ancien chef de corps du 13e régiment de dragons parachutistes et ancien directeur des opérations de la DGSE - seraient avancés en raison, certes, de leurs compétences, mais aussi de leur âge : le premier est né le 26 juillet 1956 et le second le 9 septembre 1955. Quant à Benoît Puga, il vit le jour le 30 janvier 1953. Ce ne serait pas un handicap où que ce soit, mais les hommes de l’institution militaire qui préparent cette nomination pour présenter un choix raisonné à Nicolas Sarkozy font valoir que son futur principal collaborateur militaire doit être relativement jeune, ou, selon l’expression consacrée, "en avoir sous la quille", pour ensuite prendre de plus hautes fonctions.

Négociation "extrêmement dure" pour le Rafale au Brésil

Car depuis une bonne quarantaine d’années et les nominations des généraux Guy Méry (1975-1980) puis Jean Saulnier au poste de chef d’état-major des armées (1985-1987), le poste de CEMP est souvent l’antichambre de l’état-major des armées. Cela s’est vérifié plus récemment avec l’amiral Jacques Lanxade (1991-1995), puis les généraux Henri Bentégeat (2002-2006) et Jean-Louis Georgelin , en poste depuis 2006, sans doute jusqu’à fin février 2010. "Sans doute", car une rumeur court actuellement, qui voudrait que le général Georgelin soit prolongé une nouvelle fois à son poste , comme cela avait été le cas l’été dernier, pour six mois. Il avait fallu pour cela prendre un décret autorisant une prolongation des fonctions des officiers généraux au-delà de la limite d’âge de leur grade.

Cette rumeur, qui, selon nos informations, serait totalement infondée, repose sur l’éventualité - jamais confirmée officiellement, et à notre sens peu crédible - selon laquelle Nicolas Sarkozy aurait lié le départ de l’actuel CEMP pour l’état-major des armées à la conclusion du contrat des Rafale au Brésil, dans lequel l’amiral Édouard Guillaud s’est considérablement impliqué.

Or la perspective de signature de ce contrat dans un bref délai s’éloigne. Le président Lula da Silva a beau avoir pris fait et cause pour l’avion de combat français, l’armée de l’air brésilienne n’a pas terminé ses évaluations, mais pencherait plutôt en faveur du Gripen suédois. Or une nouvelle élection présidentielle se profile en octobre prochain, et une forme de période de trêve sans aucune grande décision politique, surtout sur un contrat de cette importance, est attendue six mois avant l’échéance électorale, donc à partir d’avril prochain. Conclusion d’un proche du dossier : "Franchement, il y a très peu de chances qu’une décision soit prise avant avril, ce qui nous repousse vers la fin de la période de trêve électorale, vers avril 2011." Donc, selon toute vraisemblance, Édouard Guillaud prendra ses nouvelles fonctions fin février, sans que le contrat brésilien soit signé. À Paris, une source proche de la négociation précise que celle-ci est "extrêmement dure". Forts de leur décision politique présidentielle, les Brésiliens veulent arracher des conditions, notamment de prix, que Dassault n’est absolument pas prêt à consentir.


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