lundi 23 octobre 2017

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Sophie Gray, patronne des ex-RG du Pas-de-Calais, et un peu madame Irma

Samuel Cogez, Lavoixdunord.fr

dimanche 20 décembre 2009, sélectionné par Spyworld

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À 47 ans, Sophie Gray occupe un poste stratégique. Depuis juillet, cette Bretonne d’origine née à Paris est chef du service départemental de l’information générale (SDIG), autrement dit les anciens renseignements généraux (RG). Elle nous explique le rôle de cette entité et les problématiques du département, loin des clichés sur l’opacité prétendue du renseignement.

Mercredi, dans son bureau du boulevard de la Liberté, à Arras, Sophie Gray est harcelée de coups de téléphone. De Boulogne, de Calais, de Lens, les informations lui remontent, sur tel conflit social, ou telle avancée de pourparlers, comme chez SeaFrance. Elle peut ainsi compiler des informations, qu’elle fera suivre sous forme de notes à la direction départementale de la sécurité publique (DDSP) et à la Préfecture. C’est son quotidien.

Loin de l’image un peu obscure que l’on prête aux ex-RG, Sophie Gray ne rechigne pas à comparer son métier au... journalisme. Elle recueille informations et témoignages qu’elle recoupe ses troupes prennent des photos, et chaque matin, elle lit la presse. Discrètement, ses rapports sont expédiés aux pontes du département, pour avoir un panorama de la situation dans le Pas-de-Calais. Et anticiper les problèmes ou autres débordements.

« Nous ne sommes pas là pour gêner, nous recherchons des informations pour canaliser les mouvements, insiste Sophie Gray.

Quand nous intervenons sur une manifestation, notre but est de faciliter le dialogue, de permettre aux gens de s’exprimer, dans le respect de l’ordre public ». Et de donner l’exemple des mouvements étudiants, parfois désordonnés : « Certains se retrouvent au milieu de la route, et si le parcours du cortège n’est pas balisé grâce aux informations qu’on récolte, on a toujours le risque qu’une voiture folle renverse quelqu’un ».

Dans cette optique, Sophie Gray, c’est un peu madame Irma pour les autorités. À la tête de six unités (Lens, Béthune, Saint-Omer, Calais, Boulogne/Montreuil et Arras), soit trente-neuf personnels actifs et dix-huit administratifs, elle tente chaque jour de brosser le portrait du département et de deviner les conflits, dans sa boule de cristal. Selon l’actualité. Cela va du match de football à Bollært à l’économie souterraine (trafics de drogues...), des violences urbaines au suivi des mouvances d’extrême gauche ou droite (en collaboration avec le renseignement intérieur). Surtout, les mouvements sociaux sont particulièrement passés à la loupe. « On essaie de capter l’état d’esprit de la population, de comprendre les problèmes rencontrés par les gens », assure Sophie Gray. Le SDIG vient également à la rencontre des responsables des vingt-trois mosquées du département, participe à la protection des ministres en déplacement, comme récemment Valérie Létard ou Patrick Devedjian à Arras.

« Nous ne sommes pas le bras armé de qui que ce soit, insiste Sophie Gray. On essaie de gagner la confiance de nos interlocuteurs, on ratisse partout, nous avons une obligation de résultats, c’est évident ». C’est jamais gagné, « car cela évolue très vite, il ne faut jamais rien lâcher ». Et Sophie gray d’appréhender déjà ses futures vacances : « je sais que quand je coupe, le retour est souvent redoutable... »


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