mercredi 26 novembre 2014

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Ariane veut rester au sommet

LeJDD.fr

jeudi 24 décembre 2009, sélectionné par Spyworld

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Alors que la fusée européenne fête ses trente ans le 24 décembre, la future Ariane 6 serait plus petite et moins chère.

Champagne à Kourou. Après deux reports de lancement, Ariane 5 a mis sur orbite le satellite militaire espion français Helios-2B vendredi dernier depuis le centre spatial guyanais. Un succès en forme de cadeau d’anniversaire, à quelques jours des 30 ans de la fusée. C’est le 24 décembre 1979 qu’Ariane 1 a filé pour la première fois vers les étoiles, offrant à l’Europe* un accès indépendant à l’espace, alors dominé par les superpuissances russe et américaine.

Quatre versions et 193 vols plus tard, Ariane s’est imposée, aux côtés d’Airbus, comme la plus belle réussite technologique du Vieux Continent. Ariane 5 est le lanceur le plus puissant et le plus fiable du monde, avec 97,6% de succès et une série de 35 tirs sans échec. La fusée a conquis plus de la moitié du marché des lancements de satellites commerciaux face à ses rivales russes, Proton et Zenith. Depuis qu’elle a convoyé en mars 2008 le cargo spatial ATV vers la station spatiale internationale, les Américains envisagent de s’offrir les services d’Ariane lorsque leurs navettes partiront à la retraite début 2011. En plan B, la modernisation d’Ariane 5

Avec l’arrivée de la Chine, et bientôt de l’Inde, de la Corée et du Japon, la concurrence des lanceurs low cost plane sur le marché. Pour rester dans la course, la France milite pour une fusée renouvelée, l’Ariane 6. Selon un rapport remis en mai à François Fillon, le nouveau lanceur devra être plus petit, modulable (3 à 6 tonnes de fret au lieu de 10 pour Ariane 5) et moins cher. "Nous devons trouver un modèle économique percutant, avec des technologies plus simples et une meilleure organisation", explique Gérard Bréard, directeur technique lanceurs d’EADS Astrium, le fabricant de la fusée.

Conçu au départ pour convoyer la navette européenne Hermès (abandonnée depuis), le mastodonte Ariane 5 doit lancer deux satellites à la fois pour être compétitif, ce qui est complexe à organiser vis-à-vis de ses clients. Et la fusée est trop chère pour mettre en orbite des charges de taille moyenne. Ariane a d’ailleurs déjà perdu des tirs gouvernementaux allemands ou italiens. "Certains pays financent Ariane tout en achetant des lancements à l’étranger pour faire des économies. C’est un peu schizophrène", reconnaît Antonio Fabrizi, directeur des lanceurs à l’Agence spatiale européenne (ESA). Avec Ariane 6, l’objectif serait de capter 100% des tirs gouvernementaux européens.

Le verdict tombera en 2011 lors du prochain conseil des ministres de l’ESA. S’il est retenu, le développement d’Ariane 6 coûterait jusqu’à 8 milliards d’euros pour un premier vol vers 2025. Il confirmerait le recentrage vers l’"espace utile" (sondes et satellites scientifiques, télécoms, etc.) au détriment des vols habités. En plan B, le projet, déjà enclenché, de modernisation d’Ariane 5, baptisé ME. A moins que les Européens ne mettent assez d’argent sur la table pour financer les deux. Trente ans après son premier vol, Ariane déchaîne toujours les passions.

*Douze pays européens participent au financement et à la fabrication d’Ariane.


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