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La branche d’Al Qaïda basée au Yémen jugée active et menaçante

Reuters

mercredi 30 décembre 2009, sélectionné par Spyworld

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Naguère simple menace régionale, Al Qaïda dans la péninsule Arabique est devenu pour les renseignements américains le plus actif et le plus ambitieux des groupes affiliés au réseau islamiste hors du Pakistan et de l’Afghanistan, indiquent des responsables.

Devant le danger grandissant que représente la branche d’Al Qaïda basée au Yémen, le président Barack Obama a renforcé l’assistance de Washington au gouvernement yéménite pour qu’il déclenche des raids meurtriers début décembre, soulignent-ils.

Après la tentative d’attentat du jour de Noël sur un avion de ligne américain, revendiquée par ce groupe, Obama s’est montré déterminé à en traquer les responsables.

Dans les milieux américains de la défense, on s’attend à ce que la coopération bilatérale s’intensifie, sur le terrain comme au niveau du renseignement, dans le cadre d’une redéfinition des priorités de Washington en matière de lutte antiterroriste - jusqu’ici centrées sur l’Afghanistan, le Pakistan et l’Irak.

Le chef de la diplomatie yéménite, Aboubakr al Kirbi, a qualifié d’insuffisante mardi l’assistance militaire que reçoit le Yémen à l’heure actuelle pour contrer le terrorisme.

Le rôle d’Al Qaïda dans la région a pris un nouvel aspect aux yeux des services secrets américains durant l’année écoulée, quand des activistes saoudiens et yéménites ont formé une organisation unique au Yémen, le plus pauvre des pays arabes.

Kirbi, qui s’exprimait à la BBC-radio, a jugé possible que son pays abrite jusqu’à 300 activistes d’Al Qaïda.

Le Saoudien Saïd al Chehri, ancien détenu de la prison militaire américaine de Guantanamo (Cuba), est apparu comme l’un des principaux chefs d’Al Qaïda dans la péninsule Arabique depuis son rapatriement par les autorités américaines en novembre 2007. Le Yémen n’exclut pas qu’il fasse partie de la trentaine d’activistes tués dans un récent raid aérien.

REFUGE IDÉAL

Evoquant le risque de voir d’autres prisonniers libérés de Guantanamo rejoindre Al Qaïda, le représentant Frank Wolf, personnalité influente du camp républicain, a engagé Obama à ne plus renvoyer de détenus vers des pays instables comme le Yémen.

Sur les 190 prisonniers qui se trouvent encore à Guantanamo, 91 sont originaires du Yémen et les pourparlers sur leur rapatriement butent sur des questions de sécurité.

Les responsables américains notent que la guerre civile et l’anarchie ont fait du Yémen un refuge idéal pour Al Qaïda, en grande partie évincé d’Afghanistan et soumis à des pressions de plus en plus fortes dans les zones tribales du Pakistan.

"Elle a évolué en quelques mois", déclare un représentant de la lutte antiterroriste à propos de la menace que représente Al Qaïda dans la péninsule Arabique.

"Ils s’étaient confinés au Yémen et à l’Arabie saoudite. Mais divers signes montrent que la section d’Al Qaïda au Yémen se tourne vers des objectifs mondiaux et non plus seulement régionaux", dit-il en jugeant la tendance "très préoccupante".

"Il s’agit probablement du groupe affilié à Al Qaïda le plus actif en dehors de l’Afghanistan et du Pakistan", ajoute-t-il.

Les Etats-Unis ont accru l’aide qu’ils fournissent aux forces yéménites en matériels militaires et en renseignements afin d’éliminer des repaires présumés de djihadistes.

Selon des responsables, une bonne partie de cette assistance est secrète par souci d’épargner des réactions trop violentes au gouvernement, déjà en butte à une rébellion chiite dans le Nord et à un mouvement séparatiste dans le Sud.

Le principal programme d’assistance officiel du Pentagone au Yémen est passé du modeste montant de 4,6 millions de dollars durant l’exercice 2006 à celui de 67 millions de dollars pour l’exercice 2009, a indiqué Bryan Whitman, porte-parole du département de la Défense.

Il a précisé qu’en 2009 les fonds serviraient à l’entraînement, à des matériels comme les radios, les pièces détachées d’hélicoptère, les camions et les vedettes rapides. Il a cependant ajouté : "Je ne suis pas là pour détailler tous les aspects de notre assistance."

Certains responsables s’irritent de voir présenter le Yémen comme la menace numéro 1 liée à Al Qaïda à l’exception de la zone frontalière montagneuse séparant l’Afghanistan du Pakistan. Ils rappellent la présence du réseau islamiste en Somalie.


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