jeudi 14 décembre 2017

Accueil du site > Défense > France > Panhard rêve de mariage avec le char Leclerc

Panhard rêve de mariage avec le char Leclerc

Elsa Bembaron, le Figaro

samedi 2 janvier 2010, sélectionné par Spyworld

logo

Le constructeur de blindés légers cherche à grossir et à se renforcer à l’international. Pour y arriver, il milite pour un rapprochement avec Nexter, ex-Giat Industries.

Les Français parviendront-ils à atteindre une taille critique dans les blindés légers ? C’est ce qu’espère le groupe Panhard en tentant un rapprochement avec le groupe public Nexter (ex-Giat). La consolidation va bon train en Europe, menée par les Anglo-Saxons.

Au nord, le britannique BAE Systems n’a cessé de se renforcer, avec notamment le rachat du suédois Hagglunds, et affiche désormais 7 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Au sud, l’américain General Dynamics a fait main basse sur l’espagnol Santa Barbara. Les français Nexter et Panhard, qui réalisent respectivement un chiffre d’affaires de 579 millions d’euros et d’une centaine de millions, font figure de Petit Poucet. Un rapprochement à trois avec Renault Trucks Defense, une filiale de Volvo Trucks, a aussi été évoqué.

D’où l’idée du patron de Panhard, Christian Mons, d’initier un rapprochement avec Nexter. D’autant que le principal actionnaire du groupe, avec 75 % du capital, Georges Cohen, avait un temps envisagé de se séparer de cet actif. N’ayant nullement envie de devenir une sous-filiale d’un groupe étranger, Panhard cherche donc à croître, avec une préférence pour une solution franco-française. Des entretiens avec les représentants de la direction générale de l’armement (DGA) - qui préside à l’avenir de Nexter - ont déjà eu lieu et la proposition aurait reçu un accueil plutôt favorable.

Franchir plusieurs écueils

Côté Panhard, on n’hésite pas à voir grand. L’entreprise imagine déjà qu’après avoir racheté Nexter elle pourrait entamer des négociations avec ses concurrents allemands Rheinmetall et KMW, eux aussi à la recherche d’opérations de croissance externe pour atteindre une taille critique. De telles discussions donneraient le coup d’envoi à un l’équivalent d’un EADS des blindés.

Avant d’en arriver là, il reste à Panhard à franchir plusieurs écueils. Seule la division blindés de Nexter et son fleuron, les chars Leclerc, intéresse Panhard. Elle réalise à elle seule 450 millions d’euros de chiffre d’affaires. Le groupe dirigé par Christian Mons ne cache pas être beaucoup moins enclin à acquérir les activités d’artillerie et les systèmes d’information et de commandement.

Même s’il est encore trop tôt pour qu’un schéma se dessine, achat d’une partie seulement de Nexter ou du total avant une cession des actifs non stratégiques, il faudrait ensuite savoir comment organiser une forme de privatisation de l’ex-Giat. Enfin, si Thales ne semble pas être candidat à un rapprochement avec Nexter, Renault Trucks Defense avait déjà manifesté son intérêt pour Nexter en 2008. La filiale du groupe suédois avait d’ailleurs tendu une main à Panhard, qui avait alors préféré décliner la proposition.


Envoyer : Newsletter Imprimer : Imprimer Format PDF : Enregistrer au format PDF PartagerPartager :