vendredi 20 octobre 2017

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Facebook interdit le « suicide virtuel »

Samuel Laurent, le Figaro

mardi 5 janvier 2010, sélectionné par Spyworld

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Le réseau social a bloqué deux sites permettant d’effacer définitivement son profil, invoquant le « droit à la vie privée » de ses usagers.

Facebook, MySpace, Twitter, Meebo, Ning... Le « web social », celui des réseaux et des plateformes d’échange, concerne un nombre croissant d’internautes. Qui, aujourd’hui, n’a pas un profil sur l’un de ces sites ? Un profil qui peut, si l’on n’y prend garde, être facteur d’ennuis divers et variés. Photos embarrasssantes qui finissent par être vues par son patron ou sa petite amie, disputes par statuts interposés, nécessité de mettre à jour son profil ou de se mettre en quête de nouveaux amis... Les réseaux sociaux consomment du temps et de l’énergie.

La mode du « suicide virtuel »

En 2007 et 2008, une tendance était apparue : le « Facebook suicide », qui consistait à quitter le réseau et y effacer son profil et ses données. Une démarche parfois complexe, Facebook ayant une fâcheuse tendance à conserver certaines traces de votre passage. Rien d’étonnant, alors, à ce que des applications dédiées à ce « suicide virtuel » proposent de faire ce travail à votre place. Deux ont récemment fait parler d’elles.

Seppukoo, tout d’abord, qui tire son nom d’une déformation de « seppuku », le suicide honorifique pratiqué par les samouraïs du Japon ancien. Conçu par un groupe d’artistes italiens, Les Liens Invisibles, le site propose de supprimer son profil Facebook en choisissant les derniers mots qui apparaîtront sur une page « mémorial ». Il attribue à chaque auteur d’un « suicide virtuel un score », qui grimpe en fonction du nombre d’amis qui ont procédé eux aussi au rituel.Selon l’un de ses créateurs, interviewé par Le Post, Seppukku aurait servi à plus de 20.000 personnes en novembre dernier.

Plus complet, « »Web 2.0. suicide machine » vous permet de « tuer » vos profils sur Facebook, Twitter, LinkedIn et MySpace simultanément. Là encore, l’esprit est à l’amusement. « Voulez-vous rencontrer à nouveau vos voisins ? Retrouver votre vraie vie ? Améliorer vos relations, vous débarrasser des voyeurs ? » Tels sont quelques-uns des slogans du site.

Voici une vidéo de promotion de leur service :

web 2.0 suicide machine promotion from moddr_ on Vimeo.

Facebook en appelle au respect de la vie privée

Mais Facebook n’a pas apprécié cet humour à ses dépens. Fort de 350 millions de profils, le géant des réseaux sociaux ne veut pas en perdre, même pour la cause de l’art. Depuis le 16 décembre, il a tout simplement bloqué Seppukoo, empêchant les inscrits sur son réseau de s’en servir, et interdisant même l’emploi du mot « seppukoo ». Un bannissement justifié par un non respect des chartes d’usage du site, et assorti de menaces de poursuite à l’encontre des Liens Invisibles.

Ces derniers ont produit la qu’ils ont lettre qu’ils ont reçu des avocats de Facebook, et s’amusent de constater qu’elle fait essentiellement référence à la nécessité de protéger la vie privée des membres du réseau social. Ils ont poussé la provocation jusqu’à fournir une vidéo expliquant comment commettre son propre suppukoo maintenant que leur service est désactivé.

Quant à « Web 2.0 suicide machine », il vient de subir le même sort. Mardi, le site n’est même plus accessible. Facebook en a profité pour rappeler formellement qu’il « fournissait la possibilité aux gens qui ne voulaient plus utiliser le site de désactiver leur profil ou de le supprimer ». Mais en passant par lui, uniquement.


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