jeudi 19 octobre 2017

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Nicolas Sarkozy a testé le Teorem, son futur téléphone crypté

Guerric Poncet, Le Point.fr

mercredi 6 janvier 2010, sélectionné par Spyworld

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À l’heure de la mondialisation des réseaux électroniques, l’espionnage vit des heures glorieuses et le gouvernement français veut mettre un terme aux fuites. C’est dans ce but que la Direction générale de l’armement (DGA) a commandé un téléphone ultrasécurisé à l’industriel Thales. Le résultat se prénomme Teorem, en référence au fameux théorème de Thalès, qui angoisse les écoliers du monde entier. Nicolas Sarkozy l’a testé pour la première fois mercredi 6 janvier 2010, lors d’une visite du site de l’industriel à Cholet.

Le téléphone fonctionne à la fois sur les réseaux mobile et fixe (2G, 3G, RTC, RNIS), et il supporte aussi la voix sur IP, c’est-à-dire l’utilisation via Internet. Selon Thales, il permet les communications en mode "secret-défense", suivant les recommandations du Secrétariat général de la défense nationale (SGDN) , chargé de "la protection du secret de la défense nationale". Le Teorem est au coeur du "futur système de cryptophonie de nouvelle génération, destiné à équiper les armées et les ministères", toujours selon Thales. Le spécialiste des hautes technologies a développé conjointement avec la DGA un "tout nouveau composant cryptographique gouvernemental", intégré au téléphone.

Le gouvernement français, comme seul client

Pas moins de 14.100 exemplaires du Teorem ont été commandés par la DGA, et seront livrés en 2010. Thales s’est engagé à en livrer "jusqu’à 20.000" pour équiper les hauts fonctionnaires et les officiers supérieurs français. Le prix est une donnée confidentielle, et seul le gouvernement français sera autorisé à acheter ces appareils : pas question (pour le moment) d’en vendre aux entreprises. Quant à une éventuelle exportation, Thales prend ses précautions : "Teorem est actuellement vendu à la France uniquement." Une fois équipée, l’administration française se hissera au niveau des États-Unis, les seuls pour l’heure à disposer d’un terminal sécurisé.

À Paris comme à Washington, les présidents actuellement en exercice, Nicolas Sarkozy et Barack Obama, ont dû se séparer de leur BlackBerry lors de leur entrée en fonction. Les téléphones fabriqués par le canadien Research in Motion (RIM), très appréciés des professionnels et des politiques, présentent régulièrement des failles de sécurité, tout comme d’autres appareils non sécurisés, mais pourtant largement utilisés par les membres des gouvernements (iPhone, smartphones Nokia, etc.). Avec le Teorem, une chose au moins changera : tout le monde saura exactement quel modèle de téléphone est utilisé par les dirigeants français.


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