lundi 11 décembre 2017

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100.000 agents secrets pour protéger l’Oncle Sam

Charles Desjardins, Francesoir.fr

jeudi 7 janvier 2010, sélectionné par Spyworld

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Dotées de budgets et de moyens colossaux, les agences de renseignement américaines sont, depuis 2004, placées sous l’autorité d’un coordinateur national. Mais beaucoup de progrès restent à faire…

Non pas une, non pas dix, mais bien seize ! Aux Etats-Unis, seize agences ont pour fonction de rechercher, collecter et exploiter les renseignements de toute nature ayant trait, directement ou indirectement, à la sécurité du pays.

Certaines sont universellement connues et leurs actions, réelles ou supposées, ont été largement popularisées par les médias. Il s’agit de la CIA, du FBI et de la NSA. D’autres sont beaucoup plus discrètes, voire quasi inconnues. Problème : ces organisations, par définition peu loquaces, ont un mal fou à communiquer entre elles.

S’appuyant sur leurs spécificités, elles ont chacune leur propre vision des choses, et un « esprit maison » solidement trempé caractérise en général leurs agents.

Réforme en profondeur

Ce handicap chronique a été cruellement mis en lumière par les attentats du 11 septembre 2001, considérés comme le symbole de la faillite du renseignement américain. Chargés de l’espionnage, la CIA et le FBI, responsable du renseignement intérieur, ont été accusés de ne pas avoir su empêcher les attaques. Le FBI aurait notamment ignoré les mises en garde à propos des cours de pilotage pris par des ressortissants du Proche-Orient.

Au-delà de la rivalité et du cloisonnement, l’autre grand mal du renseignement US est sa bureaucratisation. Pas moins de 100.000 militaires et civils collaborent à ce secteur stratégique. Après les attaques du 11 septembre 2001, George W. Bush a tenté de redonner de la réactivité à ce mastodonte en engageant une réforme en profondeur du système. Avec difficulté : il a fallu trois ans pour aboutir, en 2004, à l’adoption d’une loi créant le poste de directeur du renseignement national (en anglais DNI, director of national intelligence).

« Menaces djihadistes incessantes »

Chargé de coordonner l’ensemble des structures, le DNI est aussi le principal conseiller du président américain pour la sécurité nationale. Ce poste est actuellement occupé par ancien amiral Dennis Cutler Blair, nommé en janvier 2009 par Barack Obama. Fils d’une famille qui compte six générations d’officiers de marine, il fêtera prochainement ses 63 ans et a notamment dirigé le commandement militaire américain dans le Pacifique avant de seconder son prédécesseur.

Voilà quelques jours, l’amiral Blair a écrit à ses nombreux collaborateurs sur son site Internet officiel : « Nous savons désormais travailler en équipe. Sachant que, dans l’avenir, nous ferons face à des menaces d’attaques terroristes djihadistes incessantes, nous cheminerons ensemble pour comprendre, prévoir et agir contre nos ennemis. » A l’évidence, le patron de la « communauté du renseignement » américaine sait qu’il a beaucoup de travail en perspective.

Les administrations

Department of Homeland Security. De création récente, le ministère de la Sécurité intérieure a vu le jour en 2003. Il regroupe environ 17.000 fonctionnaires issus de 22 ministères et de diverses agences fédérales liés à la sécurité nationale. Sa mission : analyser les renseignements provenant notamment de la CIA et du FBI. En outre, plusieurs administrations disposent de leur propre organisme ou filière de renseignement. C’est le cas des départements du Trésor et de l’Energie.

Les agences

CIA (Central Intelligence Agency). Créée en 1947, la centrale du renseignement américain, basée à Langley, près de Washington, emploie une vingtaine de milliers de personnes. Son budget annuel est estimé à plus de 3 milliards de dollars. Après avoir lutté contre le communisme, au besoin en favorisant des coups d’Etat, elle s’est reconvertie depuis la fin de la guerre froide, en 1989, notamment dans l’espionnage économique, pour réunir, corroborer et interpréter des renseignements pouvant affecter la sécurité des Etats-Unis. Elle comprend plusieurs divisions dont une chargée des opérations et une autre des sciences et des technologies.

FBI (Federal Bureau of Investigation). Successeur du Bureau of Investigation (BOI) créé en 1908, le Bureau fédéral d’investigation a reçu cette appellation en 1935. Son siège est situé à Washington et ses bureaux sont implantés dans plus de 400 villes américaines. Il est également représenté dans 50 ambassades de par le monde. Doté d’un effectif de 11.400 agents, le FBI est compétent pour plus de 200 catégories de crimes fédéraux. Ses attributions incluent notamment l’antiterrorisme, le contre-espionnage, le crime informatique et la médecine légale. Hors des Etats-Unis, le FBI participe aussi au recueil d’informations lors de ses enquêtes sur les attentats ou les destructions d’avions.

NSA (National Security Agency). Basée à Fort Meade (Maryland), l’Agence pour la sécurité nationale, créée en 1952, est chargée du renseignement électronique. Forte d’environ 20.000 agents, elle est spécialisée dans le décryptage des signaux électromagnétiques, les écoutes téléphoniques et la lecture de courriers électroniques. Son budget annuel dépasserait 3,6 milliards de dollars. Depuis la fin des années 1990, l’agence multiplie les investissements et les partenariats dans le domaine des nouvelles technologies (informatique, analyse du langage, biométrie ou cryptographie) afin de conserver une grande avance dans son domaine d’intervention.

DIA (Defense Intelligence Agency). Spécialisée dans le recueil du renseignement militaire à l’étranger, l’Agence du renseignement de défense a été créée en 1961. Elle a son siège au Pentagone et emploie environ 7.000 employés militaires et civils. Elle renseigne les forces armées et conseille sur les acquisitions de matériel militaire de pointe.

NRO (National Reconnaissance Office). Date de naissance : août 1960. Le Bureau national de reconnaissance a son quartier général à Chantilly, dans l’état de Virginie. Mission : gérer le parc de satellites de renseignement américains. Il fournit en images satellite l’administration et les différents services de renseignement. Son budget et le nombre de ses employés ne sont pas connus.

NGA (National Geospatial-Intelligence Agency). Appartenant au département de la Défense, l’Agence de renseignement géospatial a été créée en 1996. Anciennement baptisée National Imagery and Mapping Agency (Nima), elle a pour fonction de collecter, d’analyser et de diffuser le renseignement géospatial en utilisant l’imagerie satellite. Son quartier général se situe à Bethesda (Maryland).

Les services de renseignement des différentes armées et corps de sécurité

La marine, l’armée de l’air, l’armée de terre et le corps des marines disposent chacun d’un service de renseignement. Dotés d’un budget global qui dépasse 10 milliards de dollars, ces différents organismes emploient près de 55.000 personnes,

La DEA (Drug Enforcement Administration) – les « stups » américains – et les gardes-côtes (US Coast Guard) participent également à la collecte de renseignements.


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