dimanche 14 septembre 2014

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Galileo : EADS Astrium perd l’appel d’offres

Alain Ruello, Alexandre Counis, les Echos

jeudi 7 janvier 2010, sélectionné par Spyworld

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La Commission européenne doit officialiser aujourd’hui l’attribution de 14 satellites de la constellation du futur GPS européen à OHB, un petit fabricant de Brême, aux dépens d’EADS Astrium.

OHB : 14, EADS : 0. C’est le résultat que doit dévoiler aujourd’hui le commissaire européen aux Transports, Antonio Tajani, à l’issue de l’appel d’offres ayant opposé le petit constructeur de Brême à Astrium, la filiale spatiale du groupe d’aéronautique et de défense européen, pour l’attribution d’un premier lot de satellites de la constellation du futur GPS européen Galileo. Matthias Ruete, le directeur général de la direction des transports de la Commission, a confirmé hier que Bruxelles avait choisi OHB, mieux-disant qu’EADS sur les trois offres que les deux groupes devaient lui soumettre pour la construction de 8, 14 ou 22 satellites. C’est finalement 14 qui lui seront demandés pour plus de 600 millions d’euros, tandis qu’EADS, de son côté, n’en récolte aucun. Un sérieux revers pour le géant européen, pourtant étroitement impliqué dans le projet depuis son lancement à la fin des années 1990. Et un coup de théâtre dans le monde feutré de l’aérospatial, peu habitué à de telles mises en concurrence.

L’affaire semblait mal engagée pour EADS depuis que l’Agence spatiale européenne (« ESA » en anglais), qui conduit les différents appels d’offres du programme depuis sa restructuration à la fin de 2007, avait émis une préférence pour OHB (« Les Echos » du 9 décembre).

Lot de consolation

En confiant à cette société familiale la construction de 14 satellites, la Commission donne à la constellation, qui compte déjà quatre satellites en construction dans le cadre d’une phase du projet dite « IOV », les moyens de fonctionner dès 2013. Sans pour autant mettre tous ses oeufs dans le même panier en attribuant à un seul prestataire la fabrication des 22 satellites restant à construire.

Astrium pourrait néanmoins décrocher un lot de consolation. L’une des hypothèses sur lesquelles travaillait la Commission ces derniers jours consistait à attribuer à la filiale d’EADS 4 des 8 satellites restant à pourvoir via une extension de l’IOV. C’est en effet EADS Astrium qui assure la fabrication des 4 satellites IOV déjà en construction. Une compensation qui n’est pas sans risque. Même si Bruxelles s’attache à la rendre juridiquement inattaquable, elle reviendrait à priver OHB d’une compétition en bonne et due forme. Le cas échéant, difficile de croire que l’allemand accepte sans mot dire d’être ainsi mis devant le fait accompli.

EADS pourra aussi se consoler en se disant qu’OHB est associé aux Britanniques de SSTL, une émanation de l’université du Surrey récemment acquise… par EADS. Le géant européen pourra enfin nourrir tous les espoirs sur les satellites restant à attribuer dans le cadre d’un nouvel appel d’offres, sur lequel il conserve toutes ses chances. Ses sous-traitants redoutent déjà qu’en cas de victoire il ne réduise leur place à la portion congrue, pour éviter de partager la marge.

Restent les deux autres lots sur lesquels la Commission se devait de prendre une décision sans tarder pour éviter que le projet ne prenne du retard. Les lanceurs, d’abord. Bruxelles aurait décidé de recourir à la fusée russe Soyouz depuis le pas de tir de Kourou pour les cinq premiers lancements, le temps d’adapter Ariane 5 pour l’utiliser par la suite. Le support système, ensuite. Thales Alenia Space devrait l’emporter sur Logica pour assister l’ESA dans la maîtrise d’oeuvre.


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