vendredi 20 octobre 2017

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Défense : Ashton sceptique sur l’idée d’un quartier général unique de l’UE

AFP

lundi 11 janvier 2010, sélectionné par Spyworld

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La nouvelle chef de la diplomatie européenne, la Britannique Catherine Ashton, a exprimé lundi son scepticisme au sujet de la création d’un quartier général militaire européen à Bruxelles, idée qu’appuie sans succès la France depuis des années.

"En ce qui concerne une structure de commandement unique (pour les forces européennes), je reste à convaincre", a-t-elle répondu à un eurodéputé qui l’interrogeait sur ses ambitions en matière d’Europe de la défense lors de sa première audition par le Parlement européen.

"Je ne crois pas que l’on soit proche d’une position (commune) en faveur d’une nouvelle structure" de ce genre, a-t-elle insisté, dans une allusion à la vieille opposition du Royaume-Uni à l’installation à Bruxelles d’un centre de commandement unique pour les opérations de l’UE alors que la France milite au contraire en sa faveur.

"A l’heure actuelle, les Etats membres (de l’UE) ont des positions différentes", a-t-elle souligné, sans mentionner cependant aucun pays.

Mme Ashton a tenu d’ailleurs à souligner qu’elle était personnellement hostile à ce que le QG très embryonnaire existant à Bruxelles et qui n’a jamais encore servi prenne un jour de l’ampleur.

"Au début de mon mandat, ce que je veux vous dire c’est qu’il me faut être convaincue à ce sujet, ce qui n’est pas encore le cas", a-t-elle ajouté.

Paris, qui a tenté de relancer l’Europe de la défense en 2008, estime que l’absence de QG fixe et autonome est préjudiciable à la conduite des opérations européennes. Londres, en revanche, en refuse la création, de peur que cette structure ne fasse double emploi avec l’Otan.

21 des 28 pays de l’Otan appartiennent en effet aussi à l’UE.

Pour ce qui est des relations entre ces deux institutions, la chef de la diplomatie européenne s’est prononcée pour le "pragmatisme".

Elle a vanté les mérites des "accords de Berlin Plus", qui ont permis selon elle à l’UE et à l’Otan de "travailler correctement ensemble".

Aux termes de ces accords, une intervention militaire européenne peut bénéficier des moyens de commandement et de planification de l’Otan.

Concrètement, cela signifie qu’une opération UE est placée sous la responsabilité de l’adjoint au commandant suprême des forces de l’Otan en Europe, qui est de tradition un général britannique.

C’est sur cette base que l’Otan a transféré à l’UE deux opérations qu’elle avait lancées en Macédoine et en Bosnie-Herzégovine, respectivement en avril 2003 et fin 2004.

Mme Ashton n’a en revanche pas parlé des quartiers généraux de cinq pays (Allemagne, France, Royaume Uni, Italie et Grèce) également pré-désignés pour servir selon les cas de centre de commandement à des opérations de l’UE.

Comme son prédécesseur Javier Solana, qui lui était favorable à un QG permanent, Mme Ashton supervisera les institutions militaires ou civilo-militaires européennes relevant du Conseil -centre opérationnel, état-major, comité militaire, agence de défense européenne.

Mais, conformément au traité de Lisbonne qui vient d’entrer en vigueur, la Haute représentante à la Politique extérieure et de sécurité commune occupe aussi le poste de vice-présidente de la Commission européenne.

C’est à ce titre qu’elle était auditionnée lundi par le Parlement européen, qui doit donner son aval fin janvier à la nouvelle Commission européenne.


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