lundi 23 octobre 2017

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Le Sénat américain se rebelle contre les excès de la lutte antiterroriste

Corine Lesnes, le Monde

samedi 17 décembre 2005, sélectionné par Spyworld

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Ecore un revers pour l’administration Bush. Le Sénat a refusé d’adopter, vendredi 16 décembre, la loi dite Patriot Act, qui confère des pouvoirs étendus au gouvernement en matière de lutte antiterroriste.

Quatre républicains ont rejoint les démocrates pour demander une modification ou un report du projet, alors que la Maison Blanche réclame son renouvellement, estimant qu’il s’agit d’une pièce centrale dans le dispositif de lutte antiterroriste. La loi avait été passée à une forte majorité le 26 octobre 2001, dans la foulée des attentats du 11-Septembre. Seize de ses dispositions viennent à expiration le 31 décembre. Les mesures les plus contestées sont celles qui donnent au FBI le pouvoir d’obtenir le nom des livres consultés dans les bibliothèques ou celui d’intercepter les communications sans mandat judiciaire.

Pour l’administration, le Patriot Act est "l’une des raisons" pour lesquelles il n’y a pas eu d’attentat sur le sol américain depuis 2001. Le président George Bush a mis les sénateurs face à leurs responsabilités. "Les terroristes veulent attaquer l’Amérique, a-t-il affirmé. Le Congrès a la responsabilité de ne pas démanteler cet instrument vital utilisé par les forces de l’ordre pour protéger le peuple américain". Les républicains espèrent présenter de nouveau la loi avant le 31 décembre.

La révolte des sénateurs a été alimentée par un article publié par le New York Times sur les écoutes téléphoniques pratiquées par la National Security Agency (NSA) selon lequel le président a signé un ordre secret en 2002 autorisant à pratiquer des écoutes aux Etats-Unis sans en référer à la justice, alors que la NSA n’est censée opérer qu’à l’étranger. "Monsieur le président, a lancé le démocrate Patrick Leahy, il est temps que nous ayons des contrepoids dans ce pays. Nous sommes une démocratie."

George Bush doit s’adresser solennellement à la nation dimanche soir depuis le bureau Ovale, une mise en scène qui n’avait été pratiquée que pour annoncer l’invasion de l’Irak en mars 2003.


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