mercredi 17 septembre 2014

Accueil du site > Technologie > GPS : encore du retard pour Galileo, les Français écartés du (...)

GPS : encore du retard pour Galileo, les Français écartés du projet

Olivier Chicheportiche, ZDNet

mardi 12 janvier 2010, sélectionné par Spyworld

logo

Reports, changements de modèle économique, tensions diplomatiques..., le GPS made in Europe illustre l’incapacité de l’UE à s’entendre sur un projet stratégique.

Vous souvenez-vous de Galileo ? Mais si, le GPS européen dont on parle depuis des années, la contre-offensive de l’Union contre l’hégémonie américaine... Y-a-t-il du nouveau ?

Reporté à plusieurs reprises, le projet qui initialement devait être opérationnel cette année prend encore quatre ans de retard ! La Commission européenne vient de confirmer ce nouveau calendrier et promet (mais peut-on la croire ?) que les premiers services GPS gratuits seront "à l’essai" à partir du début de l’année 2014.

Cette annonce illustre une nouvelle fois les difficultés (c’est un euphémisme) de l’Europe à se mettre d’accord autour de ce projet stratégique visant à contrer le monopole absolu du GPS américain exploité par de plus en plus d’appareils.

Petite chronologie des faits...

En 2005, un consortium d’industriels (les français Thalès et Alcatel-Lucent, l’espagnol Hispasat, le britannique Inmarsat, les italiens AENA et Finmeccanica, ainsi qu’un conglomérat allemand dirigé par Deutsche Telekom et European Aeronautic, Defence & Space Co) allié au secteur public avait reçu le feu vert pour lancer le projet.

Objectif : un système opérationnel mis en orbite d’ici 2008 (!), comprenant 30 satellites (contre les 24 du GPS).

Financement intégralement public

Alors qu’un seul satellite a été lancé en 2005, les difficultés du consortium à former une entité pour chapeauter le projet et à choisir pour celle-ci un directeur général ont bloqué les pourparlers entre les industriels et les responsables de l’UE. Point d’achoppement : les termes de la concession de vingt ans qui devait leur être accordée pour exploiter Galileo.

Les industriels ont alors refusé de prendre le moindre risque financier à l’échéance qui avait été fixée au 10 mai 2007 par les ministres des Transports des Vingt-Sept.

Face à ces blocages, la Commission européenne a annoncé en 2008 son intention de retirer le contrat de construction au consortium d’entreprises auquel elle l’a attribué, au profit d’un financement intégralement public.

Les Vingt-Sept ont donc décidé que l’argent public financerait l’infrastructure satellitaire pour un coût de 3,4 milliards d’euros, soit 2,4 milliards supplémentaires par rapport au milliard d’euros déjà injecté, sur un coût total, exploitation comprise, de 10 milliards d’euros.

Enfin, il y a quelques jours, la Commission européenne a attribué trois marchés à trois industriels européens, sifflant enfin le coup d’envoi de ce programme (même s’il reste à envoyer les 30 satellites...).

L’allemand OHB System a été choisi pour fournir les 14 premiers satellites pour une valeur de 566 millions d’euros. Le français EADS Astrium, a été écarté ce qui constitue une lourde défaite... Mais on a promis à l’industriel un contrat cadre pour l’une des prochaines tranches de satellites. L’espoir fait vivre.

De son côté, l’italien ThalesAleniaSpace décroche le marché relatif aux services de soutien du système Galileo d’une valeur de 85 millions d’euros. Enfin, le français Arianespace sera chargé d’assurer les mises en orbite grâce à cinq lanceurs Soyouz, emportant chacun deux satellites. Le premier lancement est programmé pour la fin 2012.

Pendant ce temps, une nouvelle version du GPS américain devrait être lancée tandis que la Chine et la Russie ont ou vont lancer leurs propres technologies maison.

Avec 4 à 6 ans de retard, Galileo risque donc de connaître un décollage difficile.


Envoyer : Newsletter Imprimer : Imprimer Format PDF : Enregistrer au format PDF PartagerPartager :