samedi 21 octobre 2017

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Pékin contre-attaque dans la défense spatiale

Philippe Grangereau, Libération

jeudi 14 janvier 2010, sélectionné par Spyworld

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Dissuasion . La Chine a démontré hier qu’elle est le seul pays, avec les Etats-Unis, à pouvoir détruire un missile hors de l’atmosphère.

La Chine avait prouvé, le 11 janvier 2007, sa capacité à détruire un satellite à l’aide d’un missile terre-espace. Elle a démontré hier quelle était le seul pays au monde, avec les Etats-Unis, à pouvoir intercepter hors de l’atmosphère un vecteur intercontinental avec un missile antimissile de sa fabrication. Le test - lancé trois ans, jour pour jour, après celui de 2007 - « est de nature défensive et ne vise aucun pays », a assuré un officiel à l’agence Chine nouvelle. D’autres nations sont peut-être capables de détruire des missiles hors de l’atmosphère, mais seuls Pékin et Washington ont effectué de tels tests publics.

Si la Chine brandit son potentiel balistique de manière aussi ostentatoire, c’est pour souligner son mécontentement. La démonstration de force intervient en effet après que les Etats-Unis approuvent la vente de missiles antimissiles Patriot à la République de Chine (Taiwan) - dont le territoire est revendiqué par la Chine populaire. Au moins six officiels chinois se sont époumonés, depuis une semaine, à agiter des mesures de rétorsion en direction de Washington et des entreprises américaines impliquées (Lockheed Martin et Raytheon) dans ce contrat de 2 milliards de dollars (1,37 milliard d’euros).

« Nous avons les moyens d’adopter des contre-mesures [aux ventes d’armes américaines à Taiwan, ndlr], plaide dans un quotidien le général chinois Jin Yinan. Nous devons faire usage de ces contre-mesures pour faire payer à l’autre côté un prix correspondant et lui infliger une punition équivalente. »

Plus de 260 batteries antimissiles PAC-3 doivent être fournies à Taiwan. Ces armes devront faire pièce, avec les vecteurs déjà en place, aux 1 300 missiles de moyenne portée que la Chine populaire pointe sur les 20 millions de Taïwanais. A Pékin, le ministère de la Défense a averti qu’il se réservait le droit de prendre des mesures, non précisées, si Washington menait à bien cette vente, qualifiant celle-ci d’« obstacle grave » aux relations militaires sino-américaines. Washington est toutefois obligé, au terme du Taiwan Relations Act adopté par le Congrès en 1979, d’approuver régulièrement la fourniture à l’île rebelle « d’armes de nature défensive » afin de dissuader Pékin de recourir à la force pour s’en emparer.

Les Etats-Unis continueront de faire pièce à la Chine, expliquait hier la secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton. « Tout le monde sait que la Chine est la puissance montante du XXIe siècle. Mais les Etats-Unis doivent rester engagés en Asie et, alors que la Chine monte, les Etats-Unis doivent agir en force de paix. »


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