mardi 12 décembre 2017

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Dernière audience dans le procès de Clotilde Reiss à Téhéran

Reuters

dimanche 17 janvier 2010, sélectionné par Spyworld

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L’avocat de l’universitaire française Clotilde Reiss, accusée d’espionnage par les autorités iraniennes, a bon espoir de la voir bénéficier dans les prochains jours d’un acquittement, après la dernière audience de son procès qui s’est déroulée ce samedi.

"Nous avons bon espoir que le tribunal rendra, dans les jours à venir, un verdict qui disculpera ma cliente", a déclaré l’avocat, Mohammad Ali Mahdavi-Sabet, cité par l’agence de presse iranienne Isna.

La date du verdict n’est pas connue.

Agée de 24 ans, Reiss a été arrêtée en juillet et accusée de participation à un complot occidental visant à déstabiliser le gouvernement iranien après l’élection présidentielle du 12 juin qui a vu la réélection de Mahmoud Ahmadinejad pour un second mandat.

Après avoir passé un mois et demi en prison, elle a été assignée à résidence à l’ambassade de France à Téhéran.

Il lui est aussi reproché d’avoir envoyé des photos des manifestations et un "rapport" à Paris sur les événements.

Interpellée alors qu’elle se préparait à prendre un avion pour la France, elle a fait des "aveux" le 9 août lors d’une première audience du tribunal considérée comme truquée par Paris, et auxquelles n’ont pu assister que les médias officiels.

Selon ces derniers, elle a expliqué avoir rédigé un rapport d’une page sur la situation à Ispahan et l’avoir transmis à la section culturelle de l’ambassade de France. Elle a dit regretter de telles activités et a présenté ses excuses à la nation iranienne.

DEUX IRANIENS RETENUS EN FRANCE

Les autorités françaises parlent d’accusations "fantaisistes", démentent que la jeune femme ait été une espionne et expliquent qu’elle a seulement envoyé à titre privé des courriers électroniques et des photos des manifestations, auxquelles elle a assisté deux fois.

En marge du sommet sur le climat à Copenhague en décembre, Mahmoud Ahmadinejad a fait allusion dans des interviews à des détenus iraniens emprisonnés en France, laissant entendre qu’il pourrait accepter une libération de Clotilde Reiss en échange.

Nicolas Sarkozy a dit refuser catégoriquement un tel échange et Paris nie formellement que des discussions soient engagées. Deux dossiers sont possiblement concernés par cette offre iranienne.

Ali Vakili Rad, condamné en 1994 à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d’une peine de sûreté incompressible de 18 ans pour le meurtre de Chapour Bakhtiar, commis le 6 août 1991 à Suresnes (Hauts-de-Seine), est libérable.

Il peut en effet bénéficier d’une libération conditionnelle, qu’il a demandée l’été dernier, alors que l’affaire Reiss commençait. La demande devrait être examinée en janvier par un tribunal de Paris spécialisé dans l’application des peines.

Par ailleurs, la cour d’appel de Paris doit se prononcer le 17 février concernant la demande américaine d’extradition de Majid Kakavand, arrêté en mars 2009 à l’aéroport de Roissy, et mis en cause pour avoir violé l’embargo commercial entre les Etats-Unis et l’Iran.

Le parquet général demande un complément d’information. L’ingénieur iranien n’est pas détenu mais retenu en France.

Le 27 décembre, jour de la célébration chiite de l’Achoura, a été marqué par la mort de huit personnes tuées dans des affrontements entre forces de sécurité iraniennes et partisans de l’opposition.

Le procès de cinq personnes arrêtées à l’occasion de ces manifestations du jour de l’Achoura se tiendra lundi, rapporte l’agence Isna. Elles sont accusées de "moharebeh", terme islamique signifiant être en guerre contre Dieu, ce qui est passible de la peine de mort.

Isna précise, sans donner leur identité, qu’elles ont avoué.

La semaine dernière, l’agence Irna rapportait que cinq personnes qui allaient être jugées pour participation à des manifestations le jour de l’Achoura appartenaient à l’Organisation des Moudjahidine du Peuple d’Iran (PMOI), groupe en exil opposé au système de gouvernement islamique.


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