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L’affaire Pékin/Google révèle les risques de cyberguerre

Jim Wolf, Reuters

vendredi 22 janvier 2010, sélectionné par Spyworld

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La sous-traitance informatique a créé des "brèches". Le piratage serait utilisé pour désorganiser l’ennemi.

Le bras de fer entre Google et la Chine sur fond de censure et de cyberattaques attise les craintes américaines d’une "cyberguerre", à laquelle Pékin se préparerait en infiltrant les ordinateurs d’entreprises et du gouvernement.

Depuis des années, les agences de renseignement américaines mettent en garde dirigeants politiques et entrepreneurs contre les pirates informatiques chinois, qui auraient créé des brèches dans des réseaux très sensibles et emmagasiné des informations en vue d’un éventuel conflit.

La sous-traitance de certaines technologies en Chine contribue à cette menace, estime Larry Wortzel, membre de la Commission d’études sur l’économie et la sécurité sino-américaines, un groupe d’experts qui conseille le Congrès.

"Les sociétés qui délocalisent leur recherche et développement en Chine et emploient des Chinois pour concevoir leurs logiciels ont sans doute contribué à rendre les services chinois de renseignement et de sécurité meilleurs dans le piratage informatique", explique-t-il.

"Ils apprennent les failles du système et les codes pour accéder aux programmes et faire des mises à jour - des brèches qui rendent les Etats-Unis vulnérables à une attaque."

Google pourrait en avoir fait les frais en décembre : la semaine dernière, le géant californien a annoncé avoir été la cible d’une cyberattaque coordonnée et "très sophistiquée" lancée par des pirates informatiques en Chine et qui visait, selon lui, des militants locaux des droits de l’homme.

Il a précisé que les pirates avaient aussi voulu obtenir des informations sur 20 entreprises dans la finance, les médias, les nouvelles technologies et la chimie, sans préciser le contenu de ces informations ni le nom des entreprises concernées (plus de détails : ).

"NOS RÉSEAUX SONT EN TRAIN D’ÊTRE CARTOGRAPHIÉS"

Les réseaux militaires et gouvernementaux américains "continuent d’être la cible d’intrusions qui semblent provenir de l’intérieur (de la Chine)", avait réagi le lendemain l’amiral Robert Willard, chef du commandement américain dans le Pacifique.

Même si la plupart de ces incursions sont l’oeuvre de pirates en vadrouille, l’officier a prévenu la Commission des forces armées de la Chambre des représentants que "les compétences démontrées pourraient très bien être utilisées pour des attaques de réseaux informatiques en temps de guerre".

Pékin a néanmoins rejeté les accusations selon lesquels les services chinois seraient derrière les cyberattaques évoquées par Google.

"A mesure que la Chine s’intègre de plus en plus avec le reste du monde grâce à internet, elle n’a aucune raison de faire quoi que ce soit qui nuise ou rejaillisse sur ses propres intérêts", a déclaré dans un courrier électronique Wang Baodong, porte-parole de l’ambassade de Chine à Washington. Des traces de pirates chinois ont été retrouvées dans les systèmes de certains réseaux électriques aux Etats-Unis et ils "semblaient se moquer d’être repérés", avait assuré en avril dernier Joel Brenner, ancien directeur du Bureau de l’exécutif du contre-espionnage national, une agence gouvernementale.

"Si je m’inquiète à propos de ces réseaux, ces systèmes de contrôle aérien, d’approvisionnement en eau et autres ? Vous vous doutez bien que oui. Nos réseaux sont en train d’être cartographiés", avait-il déclaré lors d’un forum à Austin, au Texas.

Taiwan pourrait être au centre de l’une de ces futures "cyberguerres".

Selon James Mulvenon, consultant pour les services de renseignement américains, les pirates chinois pourraient s’attaquer aux systèmes américains, notamment logistiques, en cas de conflit au sujet de l’ancienne Formose.

"L’armée chinoise semble penser qu’elle peut utiliser le piratage pour exploiter notre prétendue dépendance aux systèmes informatiques, et par là même enrayer notre déploiement en cas d’urgence régionale."

D’après le site internet Daily Beast, qui a cité la semaine dernière ce qu’il a qualifié de rapport confidentiel du FBI, l’armée chinoise disposerait de plus de 30.000 cyberespions, auxquels s’ajouteraient 150.000 experts disséminés dans le secteur privé pour dérober des secrets militaires et technologiques américains.

Le FBI n’a pas souhaité commenter ces informations.

(Version française Jean Décotte)


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