mardi 12 décembre 2017

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Bush justifie l’espionnage de ses citoyens

Jean-Louis Turlin, le Figaro

lundi 19 décembre 2005, sélectionné par Spyworld

Le président estime que les écoutes sont « un instrument vital » de la lutte contre le terrorisme.

SIGNE DES TEMPS et de ses fortunes politiques mouvantes : George W. Bush le têtu peut aussi changer d’avis. Il vient de le faire deux fois en trois jours sur deux sujets différents, mais non sans lien l’un avec l’autre. (nos éditions de samedi). New York Times Times « spéculation », « opérations de renseignement en cours ».

il avait invoqué le silence requis par des de venait de révéler, il a refusé de confirmer qu’il les avait ordonnées lui-même au lendemain du 11-Septembre, sans mandat des tribunaux compétents. Qualifiant les informations du Puis, interrogé vendredi soir dans une émission de télévision sur les écoutes téléphoniques et la surveillance des courriels que le Il a d’abord dû avaler son chapeau sur l’interdiction de la torture qu’il ne voulait pas signer Samedi matin, changement de programme. Au lieu de parler des élections en Irak, comme prévu, dans son allocution radiodiffusée hebdomadaire, le président est revenu exclusivement sur l’affaire des écoutes. Pour passer aux aveux et à l’offensive. Oui, c’est bien lui qui a commandé à la très secrète National Security Agency une surveillance électronique des communications entre les Etats-Unis et l’étranger. Oui, « j’ai autorisé la reconduction de ce programme plus de trente fois depuis les attaques du 11-Septembre (2001) et j’ai l’intention de le refaire tant que notre pays sera confronté à des menaces d’al-Qaida et de groupes connexes ».

Qualifiant l’espionnage électronique d’« instrument vital dans notre guerre contre les terroristes », « crucial pour sauver des vies humaines », et affirmant sans preuve qu’il a déjà permis de déjouer des attentats « aux Etats-Unis et à l’étranger », George W. Bush a fustigé sans les nommer les médias (en l’occurrence, le New York Times, sa bête noire) pour avoir « livré à l’ennemi de l’information qu’il ne devrait pas avoir ». Il s’en est pris aussi aux sénateurs « irresponsables » qui, influencés par les révélations du Times, ont vu dans la reconduction du Patriot Act tel qu’il est une sérieuse menace sur les libertés civiles (voir notre encadré).

Les médias fustigés

C’est que les législateurs, tout comme les experts en droit constitutionnel, ne sont pas forcément d’accord avec l’interprétation que fait le chef de l’exécutif des pouvoirs présidentiels en temps de guerre. Le président affirme être resté « dans le cadre de la loi ». C’est faire peu de cas du Foreign Intelligence Surveillance Act de 1978, qui prescrit un mandat judiciaire pour toute opération débordant sur la surveillance intérieure. Celle-ci, qui concerne des citoyens américains (quelques centaines auraient été espionnés depuis 2001), est normalement du ressort du FBI.

Le sénateur Kennedy a parlé de « Big Brother », un autre démocrate a baptisé Bush de « roi George » et un troisième a accusé le gouvernement de se considérer « au-dessus de la loi ». Le républicain Alan Specter, qui préside la commission judiciaire du Sénat, a promis des auditions sur la question. En attendant, le président a voulu changer de sujet hier soir. Pour la première fois depuis 2003, il s’est adressé à la nation depuis le Bureau ovale pour expliquer que l’Irak était entré dans une phase nouvelle.


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