dimanche 17 décembre 2017

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Hillary Clinton définit une politique américaine pour Internet, Pékin déçu

Guerric Poncet, Le Point.fr

dimanche 24 janvier 2010, sélectionné par Spyworld

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Les États-Unis ont désormais une véritable politique d’Internet. Le discours d’Hillary Clinton, prononcé jeudi 21 janvier à Washington, définit les grandes lignes d’une stratégie cybernétique, pour la défense des libertés d’expression et d’information, et la neutralisation des cyberattaques.

La chef de la diplomatie américaine a érigé son pays en défenseur des libertés en ligne, notamment face à la censure des dictatures. Selon elle, les États-Unis, "berceau" de l’Internet, ont la "responsabilité" de le protéger. "J’espère que le refus de soutenir la censure politique va devenir une caractéristique des entreprises américaines dans le secteur des technologies" car "le secteur privé partage la responsabilité d’aider à la sauvegarde de la liberté d’expression", a-t-elle expliqué. "Et quand les contrats menacent cette liberté, les entreprises doivent réfléchir à ce qui est juste, pas seulement à la perspective de profits rapides", a-t-elle poursuivi.

Vers une "cyberguerre froide" ?

Hillary Clinton a par ailleurs estimé que les "personnes et les pays qui lancent des cyberattaques devront en subir les conséquences", évoquant l’attaque subie par Google en Chine. Elle a réclamé "une enquête minutieuse sur les intrusions informatiques" subies par Google et par une vingtaine d’autres entreprises. Mais elle n’a toujours pas protesté officiellement auprès de Pékin... Le discours a été plutôt bien accueilli par les observateurs, même si beaucoup ont pointé la contradiction qui existe désormais entre la politique étrangère et la politique intérieure. En effet, de nombreuses lois (dont le fameux Patriot Act ) restreignent les libertés des Américains sur Internet, au nom de la lutte contre le terrorisme, la pédophilie ou encore le piratage. Le prestigieux magazine Foreign Policy , quant à lui, voit dans ce discours les jalons d’une "cyberguerre froide", en raison de la rhétorique utilisée par Hillary Clinton.

Le ministère des affaires étrangères chinois a répondu vendredi au discours de la Secrétaire d’État, en le jugeant "préjudiciable aux relations sino-américaines". "Nous nous opposons fermement à ces déclarations et actes qui vont à l’encontre des faits", a expliqué le porte-parole du ministère, Ma Zhaoxu, invitant par ailleurs les Américains à ne pas "exagérer" l’affaire Google. Déjà en novembre 2009, le sujet des libertés sur Internet était au programme de la première visite de Barack Obama en Chine. L’Internet est bel et bien devenu l’un des principaux terrains d’affrontement des deux géants. Reste à savoir si la guerre sera effectivement froide...


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