lundi 23 octobre 2017

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Une réunion à Londres pour aider le Yémen face au terrorisme

Le Monde, avec AFP, AP et Reuters

mercredi 27 janvier 2010, sélectionné par Spyworld

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Les Etats-Unis et une vingtaine d’autres pays se retrouvent mercredi 27 janvier après-midi à Londres pour une réunion visant à mieux aider le Yémen à lutter contre la menace d’Al-Qaida. Après l’attentat manqué contre un vol Amsterdam-Detroit le 25 décembre, cette réunion vise à assurer la stabilité du Yémen et à éviter que ce pays ne devienne un havre pour le terrorisme.

Dans un discours prononcé mardi soir à Londres, le ministre yéménite des affaires étrangères, Abou Bakr Abdallah al-Kourbi, a appelé à une "déclaration claire soutenant le gouvernement yéménite". Mais la réunion n’est prévue pour durer que deux heures et il est peu probable qu’elle débouche sur des résultats concrets.

Le ministre britannique des affaires étrangères, David Miliband, a souligné dimanche que l’importance du Yémen "avait augmenté sur notre radar depuis un an et demi à deux ans", la tentative d’attentat à l’explosif sonnant définitivement l’alarme. L’auteur de l’attaque, le jeune Nigérian Omar Farouk Abdulmutallab, aurait en effet été entraîné et "équipé" au Yémen par l’organisation Al-Qaida dans la péninsule Arabique (Aqpa). Oussama Ben Laden a revendiqué cette tentative d’attentat et menacé les Etats-Unis de nouvelles attaques s’ils poursuivaient leur soutien à Israël.

UNE SITUATION INSTABLE ET FAVORABLE AU TERRORISME

Le Yémen est dans une situation économique et politique très instable. Affecté par le déclin de ses réserves pétrolières, le pays est secoué par une rébellion dans le nord et un mouvement sécessionniste dans le sud.

Le nord du pays est depuis 2004 le théâtre de l’insurrection de la secte chiite des Zadis, en lutte contre le gouvernement central de Sanaa. Les insurgés dénoncent une politique de marginalisation sociale, économique et religieuse menée par les autorités de Sanaa. Le conflit, qui a fait des centaines de morts et conduit au déplacement de dizaines de milliers de personnes, s’est étendu à l’Arabie saoudite en novembre 2009 lorsque des combattants rebelles ont fait une incursion en territoire saoudien.

Le sud du pays est depuis une semaine secoué par de violentes manifestations du mouvement autonomiste sudiste, expression de la mouvance autonomiste dans le sud pour rappeler aux participants de la conférence de Londres, qui se tient mercredi, les revendications d’une partie de la population de cette région. Dans un communiqué adressé à la réunion de Londres le "Conseil du mouvement pacifique de libération du sud", a appelé les participants à "obliger le régime de Sanaa à retirer ses troupes du sud et à accorder au peuple sudiste son droit à établir un Etat indépendant".

Selon des experts de la région, la fenêtre d’opportunité pour le développement du Yémen est en train de se fermer. "L’instabilité future au Yémen pourrait s’étendre [pour former] une zone de non-droit depuis le nord du Kenya, à travers la Somalie, le golfe d’Aden, jusqu’à l’Arabie saoudite", prévient Ginny Hill, experte du centre de recherches en relations internationales Chatham House à Londres. Et "la piraterie et l’extrémisme islamiste pourraient dégénérer avec des implications pour le transport maritime, le transit de pétrole vers le canal de Suez et la sécurité des pays voisins du Yémen", explique-t-elle.

En 2006 une conférence de pays donateurs pour le Yémen s’était déjà tenue à Londres, débouchant sur la promesse de 5 milliards de dollars d’aide. Mais l’aide des pays du Golfe notamment est loin d’avoir été intégralement versée, et une nouvelle conférence consacrée au suivi pourrait se ternir le mois prochain à Riyad, selon le quotidien britannique The Guardian de mercredi.


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