mardi 17 octobre 2017

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Ces ordinateurs victimes des aéroports et des gares

Cécilia Gabizon, le Figaro

samedi 30 janvier 2010, sélectionné par Spyworld

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Plusieurs milliers s’égarent chaque semaine, avec leur lot de données confidentielles. Souvent, ils ne sont pas réclamés.

Chaque jour, des secrets industriels s’égarent, oubliés dans leur écrin-ordinateur sur la banquette d’un taxi, dans un aéroport ou les toilettes d’un restaurant. Rien qu’à Roissy-Charles-de-Gaulle, 750 ordinateurs professionnels sont retrouvés chaque semaine. Au total, dans les huit plus grands aéroports européens, ce sont près de 4.000 micros qui s’égarent, selon l’étude réalisée par l’Institut Ponemon pour le compte de Dell. Aux États-Unis, 600.000 portables professionnels se volatilisent ainsi chaque année et près de 70% d’entre eux ne sont jamais réclamés. Bizarrement, ces micros portables sont le plus souvent perdus aux points de contrôle de sécurité, un des endroits les plus surveillés de l’aéroport.

Des espions dans le Thalys

Ces disparitions d’ordinateurs relèvent autant de l’étourderie que des nouvelles méthodes d’espionnage industriel. « On trouve beaucoup d’espions dans les aéroports, mais aussi dans les trains qui convoient les hommes d’affaires, comme l’Eurostar, le Paris-Lyon ou encore le Thalys » fait-on savoir à l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Anssi). Dans le seul TGV à destination de Bruxelles, au moins un ordinateur est volé chaque jour, reconnaît Régis Poincelet, directeur de la sûreté de GDF Suez et vice-président du Club des directeurs de sécurité des entreprises (CDSE).

Or la moitié des professionnels disposent d’informations confidentielles (sur les clients, les consommateurs, les activités de l’entreprise) dans leurs ordinateurs portables et n’ont pris aucune disposition pour les protéger. Ces appareils ont maintenant la capacité de stocker jusqu’à 4.000 photos, 20.000 documents Word, 200.000 courriels ou encore 500.000 fichiers de contacts… Derrière un code souvent trop simple, ces précieuses données sont vulnérables.

Au Royaume-Uni, un homme a récemment retrouvé dans un taxi des milliers de données sur des familles bénéficiant d’aides sociales de la ville de Leeds. « C’est plus transparent outre-Manche, car les Anglais doivent déclarer les fichiers perdus et prévenir les personnes concernées », rappelle Patrick Pailloux, directeur général de l’Anssi.

Les Français sous-estiment ces pertes : « En public, tous jurent que tout va bien, mais confessent en privé de nombreuses données évaporées. » L’Anssi a lancé jeudi un passeport numérique pour rappeler des règles de sécurité (voir encadré), très inégalement appliquées. Régis Poncelet souligne ainsi que « lorsqu’une entreprise perd un appel d’offres sur un marché à l’étranger au profit d’un concurrent, qui propose un prix moins cher à une décimale près, cela doit raisonnablement l’interpeller ». Ses dossiers ont pu être piratés, lus par-dessus l’épaule d’un cadre ou récupérés dans un ordinateur oublié.

80% des téléphones rendus

Aux ordinateurs oubliés s’ajoutent maintenant des milliers de téléphones portables tombés des poches. Rien qu’à Londres, 10.000 téléphones se perdent chaque mois dans les taxis. Par chance, 80% sont restitués, selon une étude de Credant Technologies. Mais « il est temps de commencer à traiter les smartphones comme des ordinateurs portables mini et les assujettir aux mêmes politiques de stricte sécurité de l’information », explique Donal Casey, consultant en sécurité informatique. Jusqu’à présent, les cadres évitaient les codes complexes, jugés ennuyeux, comme les « time-out », qui obligent à répéter sans cesse son identité. Des précautions amenées à se généraliser pour éviter qu’un simple oubli de téléphone fasse trembler la société


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