vendredi 20 octobre 2017

Accueil du site > Renseignement > France > La présidentialisation du renseignement français analysée par la fondation (...)

La présidentialisation du renseignement français analysée par la fondation Terra Nova

Jean Guisnel, Le Point.fr

lundi 1er février 2010, sélectionné par Spyworld

logo

Bien des choses sont en train de changer dans le monde français du renseignement, y compris une nouveauté assez inattendue : l’opposition s’y intéresse. Traditionnellement, cette question est laissée aux bons soins de l’exécutif, et les grands partis ne s’y intéressent ni quand ils sont au pouvoir, ni quand ils n’y sont pas. Les temps changent, et la fondation Terra Nova , proche du Parti socialiste, vient de publier une note titrée Le Conseil national du Renseignement : une présidentialisation sans justification , historique marque d’intérêt d’un parti d’opposition pour les affaires de renseignement.

OEuvre du jeune historien spécialiste du renseignement Floran Vadillo, ce copieux document est une critique argumentée et non polémique de la nouvelle organisation française, autour du coordonnateur national du renseignement. L’auteur conteste la pertinence de la nouvelle présidentialisation du système français, arguant qu’ il n’y aurait plus de fusible entre les services et le chef de l’État, en cas de problème sérieux : "Nicolas Sarkozy préfère exercer au grand jour tous les pouvoirs acquis par le chef de l’État depuis 1958, et accentuer la marginalisation du Premier ministre. L’hypocrisie est dissipée mais la fonction présidentielle est directement exposée et la clef de voûte des institutions pourrait, en cas de scandale comparable à celui du Rainbow Warrior, être durablement atteinte." De fait, tous les présidents de la République de la Ve République sans exception, sauf à ce jour Nicolas Sarkozy, ont eu un jour ou l’autre à pâtir d’un problème lié aux services secrets. Et ils se sont tous trouvés bien aise que le Premier ministre soit là pour prendre les balles. Mais quand on avance cet argument dans l’entourage de l’actuel chef de l’État, on s’entend répondre que sa pratique du pouvoir l’aurait conduit de toute façon à se trouver en première ligne. Et que donc, de ce point de vue, la création d’une structure de coordination à l’Élysée même ne change rien. Un vrai débat, pour une vraie question...


Envoyer : Newsletter Imprimer : Imprimer Format PDF : Enregistrer au format PDF PartagerPartager :