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Les services secrets italiens étaient au courant, voire complices, de l’enlèvement de l’imam égyptien, selon un juge

AP

mardi 2 février 2010, sélectionné par Spyworld

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Les renseignements italiens étaient au courant, voire complices, de l’enlèvement de l’imam égyptien Abou Omar réalisé par la CIA dans une rue de Milan en 2003, écrit le juge italien Oscar Magi dans un document publié lundi justifiant les condamnations qu’ils a prononcées en novembre dernier.

Le magistrat lombard avait alors prononcé des peines allant de cinq à huit de prison contre 23 agents de la CIA, jugés par contumace pour cet enlèvement. Deux Italiens avaient écopé de trois ans pour entrave à l’enquête.

Il s’agissait du premier procès visant les enlèvements extrajudiciaires et transfèrement secrets par la CIA de personnes soupçonnées de terrorisme après les attentats du 11 septembre 2001.

Les agents américains étaient accusés d’avoir enlevé Oussama Moustafa Hassan Nasser, ou Abou Omar, le 17 février 2003 à Milan, avant de le transférer dans des bases américaines en Italie et en Allemagne. L’imam avait ensuite été détenu en Egypte, où il déclare avoir été torturé. Abou Omar a été libéré après quatre ans de détention sans être inculpé.

Dans le document publié lundi, le juge Magi souligne que la CIA a réalisé l’enlèvement sur le sol italien, ce qui "permet de présumer" que les services secrets italiens étaient au courant et "peut-être même complices".

Le secret d’Etat, invoqué par les gouvernements successifs, et défendu par la cour suprême, a baissé "une sorte de rideau noir" sur le rôle des services secrets italiens dans cet enlèvement, créant un "paradoxe judiciaire".

Cinq membres des services de renseignement italiens, poursuivi pour le rapt de l’imam, ont été acquittés en novembre, tout comme trois Américains jouissant de l’immunité diplomatique.

En revanche, l’ancien chef de l’antenne de la CIA à Milan, Robert Seldon Lady, avait été condamné à huit ans d’emprisonnement, les 22 autres agents écopant de cinq ans. Les deux Italiens condamnés à trois ans l’ont été non pas pour enlèvement, mais pour entrave à l’enquête.

Silvio Berlusconi, qui était Premier ministre au moment du rapt et est depuis redevenu chef du gouvernement, a toujours nié toute implication italienne dans le rapt de l’imam égyptien.

Les 23 Américains condamnés par contumace ne peuvent plus se rendre en Europe sans risquer l’arrestation.


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