jeudi 14 décembre 2017

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Des budgets de Défense aux courbes opposées en Europe et en Asie

Reuters

mercredi 3 février 2010, sélectionné par Spyworld

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La Chine et l’Inde ont sensiblement augmenté leur budget de la Défense en 2009, domaine dans lequel les membres européens de l’Otan tendent plutôt à rogner pour tenter de maîtriser leurs déficits.

L’impact de la crise financière sur les dépenses de défense et de sécurité est variable selon les régions et les pays, avec une croissance remarquée en Asie, note l’Institut international d’études stratégiques dans son rapport annuel "L’équilibre militaire", publié mercredi.

Sous la présidence de George Bush, le budget américain de la Défense a quasiment doublé en huit ans. Son successeur, Barack Obama, insiste désormais sur la nécessité de redéfinir les priorités dans ce domaine afin de lutter contre le déficit.

Il a proposé lundi au Congrès un budget de la Défense record de 708 milliards de dollars pour 2011, dont 549 milliards pour les fonds de base du Pentagone, en hausse de 3,4%, mais a rappelé qu’il continuerait sa chasse aux programmes inutiles.

En Russie, la récession a conduit le gouvernement à renoncer au plan global de renouvellement des équipements militaires qui devait courir de 2007 à 2015, pour le remplacer par un plan sur dix ans à partir de 2011, précise le rapport.

"Par contraste avec les évolutions dans les économies modernes, l’Inde et la Chine ont toutes deux maintenu la tendance récente d’une augmentation à deux chiffres des dépenses de défense", dit le texte.

DÉFENSE EUROPÉENNE EN SOUFFRANCE

Après les attentats qui ont fait 166 morts à Bombay en novembre 2008, Delhi a accru ses dépenses militaires de 21%.

Le budget chinois progresse lui de 15% en 2009 à 480 milliards de yuan (50,24 milliards d’euros), selon l’Institut. Mais ces chiffres officiels ne correspondent pas aux ressources dont bénéficie en réalité l’Armée de libération populaire.

Il est admis généralement que le budget officiel ne tient compte ni des missiles achetés à l’étranger, ni des dépenses de recherche et développement, dit le rapport.

D’autres pays d’Asie, comme l’Australie, l’Indonésie et Singapour, ont renforcé leur budget de la défense.

En Europe en revanche, la lutte contre la crise s’est traduite par une injection massive d’argent dans l’économie et un creusement des déficits publics qu’il convient de résorber.

"Lorsque viendra le moment de redresser ces déséquilibres fiscaux, la dépense discrétionnaire sera mise sous une pression considérable et la défense devrait en souffrir, particulièrement dans ces pays confrontés à un renversement démographique menaçant, qui requiert bien plus de dépenses pour les retraites et la santé", explique le directeur du rapport, James Balance.

Dernier des grands pays industrialisés à être sortie de la récession, la Grande-Bretagne doit concilier un déficit massif avec son vaste projet d’équipement militaire.

Parmi les membres européens de l’Otan, seuls la Norvège et le Danemark semblent aller vers une hausse en 2010. A moyen terme, la plupart des autres le feront mais seulement en s’alignant sur l’inflation pour maintenir le budget existant.

Ces tendances devraient conduire les Etats à oeuvrer plus vite pour mutualiser leurs moyens et la gestion de ceux-ci, à se spécialiser dans un domaine précis et à acquérir collectivement les équipements essentiels, estime le rapport.

Version française Grégory Blachier


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