jeudi 14 décembre 2017

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L’armée britannique priée de coopérer avec les Européens

Cyrille Vanlerberghe, le Figaro

jeudi 4 février 2010, sélectionné par Spyworld

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Un rapport évoque notamment un rapprochement avec Paris.

Dans un contexte budgétaire de plus en plus serré, les armées britanniques vont devoir augmenter le niveau de leurs coopérations avec les alliés européens, et en particulier avec la France. C’est ce que recommande le livre vert sur la défense présenté mercredi au Parlement par le gouvernement travailliste. « Des choix difficiles et des décisions importantes nous attendent, prévient dans le rapport Bob Ainsworth, ministre de la Défense. Nous devons accroître notre coopération avec nos partenaires internationaux afin d’avoir une défense plus efficace et plus rationnelle. »

Même si le document rappelle très clairement qu’aucune relation bilatérale de défense « n’est plus importante que celle entretenue avec les États-Unis » et que l’Otan reste le cadre de coopération privilégié, le texte formule toutefois un plaidoyer appuyé en faveur de la coopération militaire au sein de l’Union européenne. Il ne recommande pas spécifiquement un rapprochement militaire entre Londres et Paris, mais remarque que « le retour de la France au sein des structures militaires intégrées de l’Otan offre l’occasion de coopérations accrues avec un partenaire clé dans un éventail d’activités de défense ».

« Le Royaume-Uni et la France sont les deux pays en Europe qui investissent le plus dans la défense en pourcentage de leur PIB, et ils sont les seuls à avoir une capacité d’intervention stratégique dans le monde, remarque Bastian Giegerich, spécialiste de la défense européenne à l’IISS (Institut international d’études stratégiques) à Londres. Ces deux pays sont les mieux placés pour tirer parti d’une meilleure coopération militaire en Europe et de la mise en place de programmes d’armement communs. »

Avec la récession, le déficit budgétaire de la Grande-Bretagne a explosé cette année, dépassant les 12 % du PIB. La défense ne devrait pas être épargnée par les mesures d’austérité prévues par tous les partis politiques pour les cinq années à venir.

Grands programmes menacés

Le document présenté mercredi donne des orientations stratégiques, mais pas de chiffres. Il ne se prononce pas sur l’avenir des grands programmes militaires menacés, comme l’avion de chasse furtif F-35 développé avec les Américains, les deux porte-avions en cours de commande ou encore le renouvellement de la flotte des sous-marins nucléaires Trident de la force de dissuasion britannique. Aucune grande décision ne sera prise avant les élections législatives de mai prochain et la probable arrivée des conservateurs au pouvoir. Pour l’actuel gouvernement, comme pour les Tories, la priorité à court terme demeure le soutien aux 9 000 soldats britanniques déployés en Afghanistan.

« Quel que soit le prochain gouvernement, les thèmes identifiés par le présent livre vert sont ceux qui vont dominer la réflexion de la prochaine étude de revue stratégique qui aura lieu cet été pour la première fois depuis 1998, précise Andrew Nicoll, directeur des publications de l’IISS. La principale idée du rapport, à savoir le besoin d’adaptabilité de nos forces armées, pour pouvoir faire plus avec moins de moyens, rejoint d’ailleurs les conclusions du livre blanc français sur la défense de l’année dernière. »


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