dimanche 22 octobre 2017

Accueil du site > Renseignement > International > Sécurité et liberté : les Britanniques, champions de la vidéosurveillance

Sécurité et liberté : les Britanniques, champions de la vidéosurveillance

Nathalie Lacube, la Croix

lundi 8 février 2010, sélectionné par Spyworld

logo

L’efficacité des 4,2 millions de caméras installées outre-Manche n’est pas prouvée

CCTV, les Britanniques sont familiers des initiales de la « Closed Circuit Television », c’est-à-dire la vidéosurveillance, dont ils sont les champions en Europe. Il suffit de lever le nez, surtout à Londres, pour repérer une des 4,2 millions de caméras installées dans le royaume : gares, centres commerciaux, entrées d’immeubles, écoles, rues privées, épiceries, pubs… Partout, on peut être filmé.

Selon la « Stratégie officielle pour la CCTV » publiée en octobre 2007 par le ministère de l’intérieur, « à Londres, un individu peut être en moyenne filmé par 300 caméras différentes au cours d’une journée ». Le pays compte une caméra pour 14 personnes. Les Britanniques y sont globalement favorables, se sentant rassurés par ces yeux électroniques, surtout depuis les attentats de Londres qui ont fait 52 morts et 700 blessés en 2005.

« Les caméras de surveillance sont populaires en Grande-Bretagne car elles sont présentées comme une technologie amie. Ce discours s’est développé dans les années 1990, à une époque où l’anxiété publique par rapport aux crimes était très forte », expliquait à La Croix, peu après ces attentats, Stephen Graham, vice-directeur de Surveillance & Society, entreprise spécialisée dans la vente de ces technologies. « Nous sommes maintenant arrivés à une anxiété inverse, ajoutait-il. Ceux qui ne sont pas couverts par un système de caméras de surveillance sont anxieux d’en être absents. »

D’importantes atteintes à la vie privée

Ces outils sont-ils efficaces ? Scotland Yard a publié quelques statistiques : les CCTV de la capitale aideraient à arrêter 8 voleurs par mois, sur un total de 269 vols signalés. En 2008, elles auraient permis de résoudre l’enquête sur environ un millier de délits, soit 3 % des cas enregistrés. Elles ont permis d’élucider le meurtre, par empoisonnement en 2006, de l’espion russe Alexander Litvinenko. Elles ont identifié les kamikazes des attentats du 7 juillet 2005 à Londres.

Elles permettent aussi aux municipalités d’envoyer des contraventions à ceux qui ont été filmés en train de laisser tomber des mégots ou des papiers sur la voie publique, de ne pas ramasser les déjections de leur chien ou de se garer indûment sur des parkings réservés aux handicapés.

« Royaume de Big Brother », c’est ainsi que l’ONG Privacy International qualifie le pays, dénonçant d’importantes atteintes à la vie privée. La police peut avoir accès à tout film sur demande, et il n’y a pas de délai légal de conservation des images. Les mineurs peuvent être filmés dans les écoles, et les déplacements de véhicules (avec les plaques minéralogiques) sont enregistrés, sur tous les grands axes, villes, stations-service et ports.


Envoyer : Newsletter Imprimer : Imprimer Format PDF : Enregistrer au format PDF PartagerPartager :