lundi 18 décembre 2017

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Alliot-Marie voit 2005 sous les couleurs européennes

Philippe Migault, Le Figaro

mercredi 12 janvier 2005, sélectionné par Spyworld

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La nouvelle année commence sous de bons auspices pour Michèle Alliot-Marie. Évoquant le volet financier du fonctionnement des armées, le ministre de la Défense, qui présentait hier ses voeux à la presse, a simultanément dressé un premier bilan de son action Rue Saint-Dominique et exprimé son optimisme. « Mon ambition, c’est que la Défense ait les moyens de remplir ses missions. Pour la troisième année consécutive, grâce au soutien du président de la République, la loi de programmation militaire 2003-2008 sera intégralement respectée. C’est le record depuis que ces lois existent. Cela nous permet de conforter notre rôle économique dans l’ensemble du pays », a-t-elle souligné.

Bien entendu, le ministre est revenu sur une année 2004 difficile, « marquée par une multitude de crises » et « au cours de laquelle les militaires ont été particulièrement atteints ». Mais les événements de Côte d’Ivoire, lors desquels neuf soldats français - elle leur a encore rendu hommage hier - sont décédés, n’ont pas suffi à dissiper l’optimisme de Michèle Alliot-Marie. Celle-ci, qui s’est rendue hier après-midi à Brest afin d’y visiter le chantier des installations destiné à accueillir le futur missile balistique M 51, a esquissé les grandes lignes de ce que devra être la défense de la France dans les années futures. Un concept qui sera de plus en plus indissociable de la construction européenne. Michèle Alliot-Marie, qui estime que « le dossier européen qui a le plus progressé depuis deux ans et demi est celui de la défense », a d’ailleurs assuré que son ministère « prendra toute sa place » dans le cadre des débats qui se dérouleront en 2005 autour du projet de Constitution européenne.

Plus concrètement, le ministre a prôné la mise en oeuvre d’une politique spatiale renforcée dont elle fait une priorité en 2005 : « La maîtrise de l’espace sera aussi importante dans les décennies qui viennent que la dissuasion nucléaire dans les années 60. La France doit définir une politique spatiale plus ambitieuse et proposer de la partager à nos partenaires européens », a-t-elle déclaré. Cette ambition, qui ne peut se réaliser sans une industrie performante et à la pointe de la technologie, a été pour Michèle Alliot-Marie une nouvelle occasion de souhaiter une fois encore la constitution d’industries de défense « de taille européenne ».

Les années à venir, a-t-elle prédit, verront l’émergence de nouvelles puissances - la Chine, l’Inde, le Brésil - qui seront de plus en plus concurrentielles sur les marchés de l’armement et contre lesquels la coopération, l’alliance entre entreprises de l’UE sera indispensable. Un voeu dont elle doit espérer qu’il ne reste pas lettre morte cette année.

L’an dernier, déjà, Michèle Alliot-Marie s’était prononcée pour la création d’« entreprises modernes, performantes, compétitives », qui posséderaient une vraie « capacité de résistance face aux compétiteurs américains ». Or, en dépit de la volonté des autorités françaises, l’alliance un moment projetée entre Thales et EADS n’a pas eu lieu, tandis que le rapprochement entre Thales et la Direction des constructions navales (DCN), se révèle plus compliqué que prévu.


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