vendredi 20 octobre 2017

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Thales : La réorganisation a du mal à passer en interne

Alain Ruello, les Echos

samedi 20 février 2010, sélectionné par Spyworld

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Annoncée mi-décembre, après une longue période de réflexion, la nouvelle organisation du groupe a provoqué un malaise au sein du management intermédiaire. Les choses se clarifient depuis une semaine.

Neuf mois après avoir été nommé à la tête de Thales, Luc Vigneron essaie actuellement de démontrer le bien-fondé de son projet de réorganisation, qui a encore bien du mal à passer en interne. Depuis une semaine, la direction bombarde ses troupes d’une avalanche de notes de services et de nominations, aptes à clarifier les rôles des uns et des autres. Et l’ancien PDG de Nexter s’est adressé aux cadres en France mercredi soir, dans une sorte de discours de la méthode qui semble avoir été bien perçu.

Fuite des cerveaux, attitudes vexatoires, autoritarisme… Luc Vigneron doit en effet compter avec de nombreuses critiques, tant sur sa façon de diriger, son manque d’empathie, que sur ses premières décisions. La CFE-CGC a récemment dénoncé la « démotivation générale », « la complète désorganisation », ou encore « le management par le stress et la peur ». Certains prédisent que le basculement de la responsabilité commerciale des divisions vers les pays va provoquer un effondrement des commandes. A l’extérieur, les mises en cause sont parfois plus virulentes, en laissant entendre notamment que l’ancien patron de Nexter serait déjà lâché par l’actionnaire Dassault… La réalité paraît beaucoup moins sombre, même si Luc Vigneron n’a pas encore réussi à faire l’unanimité, loin s’en faut. Comme à chaque fois qu’un nouveau PDG est nommé, l’ancienne garde est appelée à faire la place à une nouvelle génération, avec son lot de frustrations pour les perdants. Chez Thales, les prétendants au poste de numéro un sont donc partis ailleurs. Contrairement à ce qu’il avait annoncé lors de sa nomination, Luc Vigneron s’est par ailleurs entouré d’un vrai comité de direction, qu’il a même élargi, signe de sa volonté de jouer collectif. Décidé à tailler dans les coûts, il s’en est pris aux voitures de fonction ou aux voyages en classe affaire. D’où, en partie, le mécontentement des cadres, et de la CFE-CGC. A l’inverse, la CGT reconnaît pour l’instant la qualité du dialogue social, même si les négociations salariales sont tendues. A telle enseigne que selon les syndicats, qui ont organisé des débrayages hier, un tiers des salariés en France ont réclamé une hausse des salaires supérieure au 1 % que propose la Direction. Frustrations et flou sur l’avenir

« N’oublions pas quand même que Luc Vigneron est arrivé après six mois de psychodrames, qui ont abouti à l’éviction de Denis Ranque. Difficile de s’imposer dans ces conditions », relativise un responsable commercial. Le point principal du malaise vient de la réorganisation. Ambitieuse, elle veut replacer le client au cœur des priorités. Le problème est que, en se murant dans un silence de six mois avant de la présenter mi-décembre, Luc Vigneron a créé énormément de frustrations au sein des cadres intermédiaires, laissés dans le flou sur leur avenir. Et le processus de consultation sociale a allongé d’un mois l’incertitude. Tout dépendra sans doute des résultats 2010 : que les commandes suivent, et le projet de réorganisation sera légitimé. Sinon, les choses pourraient être beaucoup plus difficiles.


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