vendredi 15 décembre 2017

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L« épouvantable » détention de l’ex-otage français au Mali

Marion Brunet, le Figaro

jeudi 25 février 2010, sélectionné par Spyworld

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« Tous les jours, j’ai cru que ma dernière heure était arrivée », a confié Pierre Camatte, en compagnie de Nicolas Sarkozy qui a effectué une visite-éclair à Bamako pour le rencontrer.

Détour au Mali pour Nicolas Sarkozy pour rencontrer l’ex-otage français Pierre Camatte. Agé de 61 ans, ce dernier a évoqué en présence du chef de l’Etat - venu spécialement le voir - ses conditions de captivité dans le désert, où il a été maltraité : « On est isolé, on ne doit pas bouger, il y a la chaleur du Sahara, les conditions d’hygiène épouvantables, une alimentation et une eau absolument dégoûtantes. (...) Le plus difficile, c’est la solitude. » Jeudi matin sur RTL, il a expliqué que ses geoliers lui donnait « des coups comme ça, des baffes, des menaces directes avec le canon de la kalochnikov : tous les jours ». « Pendant mon enlèvement, je ne me suis pas laissé faire, on s’est battus » mais « ils m’ont menotté, bâillonné (...) et jeté comme un paquet de linge sale sur la plate-forme. Tous les jours, j’ai cru que ma dernière heure était arrivée ».

Avant d’être rapatrié en France, Pierre Camatte a également décrit ses ravisseurs comme des « fanatiques » recrutant « surtout chez les jeunes ». « Ils détiennent une vérité qui est à la vérité suprême. Ils ont le Coran qu’ils lisent tout le temps. Ils disent que les musulmans de France ne sont pas de vrais musulmans, que ce sont eux qui détiennent la vérité et que leur objectif est d’islamiser le monde entier, a-t-il expliqué. Il y a parmi eux, 70 à 80% des jeunes, et ça, ça pose problème ». Et de conclure : « Aujourdhui, je dois me reconstruire. »

La « lutte déterminée » de Sarkozy contre les terroristes

De son côté, le chef de l’Etat a assuré dans la nuit de mercredi à jeudi son soutien au Mali pour une « lutte déterminée » contre les terroristes. Accueilli à sa descente d’avion par son homologue Amadou Toumani Touré, le chef de l’Etat français avait insisté sur l’idée que le président malien avait pris la « bonne » décision dans cette affaire. « Nous tenons à remercier - je veux le faire du fond du coeur - le président du Mali, qui a été un homme courageux, humain et qui a accepté de considérer que la vie d’un homme, Pierre Camatte, méritait un certain nombre d’efforts, de prises de responsabilité », a-t-il déclaré, au cours d’une conférence de presse au palais de la présidence malienne.

« Si le président ATT n’avait pas décidé ce qu’il avait décidé, je l’ai dit à Camatte, il ne serait pas là aujourd’hui (...) Notre certitude, notre conviction, c’est que ceux qui ont pris Camatte avaient l’intention de le tuer », a affirmé le chef de l’Etat français, en présence du ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, et du secrétaire d’Etat français à la Coopération, Alain Joyandet.

Ces derniers jours, la Mauritanie et l’Algérie avaient toutefois vivement dénoncé l’attitude des autorités maliennes, leur reprochant d’avoir remis en liberté quatre présumés terroristes. En signe de protestation, Nouakchott et Alger avaient même annoncé le rappel de leur ambassadeur à Bamako. « Nous étions obligés de faire quelque chose pour libérer Pierre (Camatte, NDLR), s’est justifié le chef de l’Etat malien. Au lieu que chacun rejette la responsabilité sur l’autre, qu’on dégage des plans d’actions communs pour lutter contre le terrorisme ». « Nous allons passer à une deuxième phase, qui est une phase de lutte déterminée contre ces assassins et terroristes et le Mali peut compter sur notre soutien », a de son côté affirmé Nicolas Sarkozy avant son départ à destination de Kigali, au Rwanda.


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