mardi 12 décembre 2017

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L’otage libéré Pierre Camatte est-il un agent de la DGSE ?

Le Monde

jeudi 25 février 2010, sélectionné par Spyworld

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Relâché mardi 23 février, Pierre Camatte, ex-otage d’un groupe d’Al-Qaïda au Mali, est-il bien le "président d’une association impliqué dans la culture d’une plante thérapeutique contre le paludisme", comme il a été présenté jusqu’à présent ? Ou est-il un espion de la DGSE, les services français du renseignement extérieur ?

Bakchich.info, qui a épluché le compte rendu public d’une audition à la Commission de la défense nationale et des forces armées de l’Assemblée Nationale, le 27 janvier, a relevé, au détour d’une phrase ce que les journalistes interprètent comme une révélation. A la fin de l’audition, le député Guillaume Garot interroge le coordonnateur national du renseignement à la présidence de la République, Bernard Bajolet :

"M. Guillaume Garot - Quelles informations pourriez-vous nous transmettre sur les agents de nos services retenus en otage, leur nombre, leur situation ? Quelles sont les perspectives les concernant ?

M. Bernard Bajolet - Nous avons actuellement huit otages. Un au Mali, Pierre Camatte, quatre au Soudan, un en Somalie et deux en Afghanistan."

La formulation est pour le moins ambiguë. Parmi les huit otages cités figurent en effet les deux journalistes enlevés en Afghanistan, dont il est question dans la suite de l’échange. Il pourrait donc s’agir d’un simple manque de précision de Bernard Bajolet, qui répond plus généralement sur le nombre d’otages français que sur le nombre d’otages appartenant à la DGSE.

"M. le président Guy Teissier - A-t-on des contacts avec les ravisseurs ? Arrive-t-on à suivre les lieux et conditions de détention ?

M. Bernard Bajolet - Ces huit otages mobilisent des moyens conséquents, notamment de la DGSE. Leur gestion simultanée représente un énorme effort. Certains sont précisément localisés ; pour d’autres, cela se révèle plus difficile. Des contacts sont établis pour certains d’entre eux.

M. le président Guy Teissier - Pourraient-ils ne plus être en vie ?

M. Bernard Bajolet - Il y a de bonnes raisons de penser que les huit sont vivants.

M. le président Guy Teissier - Le fait qu’ils soient huit interdit-il toute action de force au bénéfice de l’un d’entre eux ?

M. Bernard Bajolet - Les cas sont différents. Chacun obéit à une logique particulière. Aucune option n’est jamais exclue. La vie des otages est la priorité absolue et les décisions sont prises sur la base de ce critère.

M. le président Guy Teissier - Une rançon a-t-elle été demandée pour les deux journalistes enlevés en Afghanistan ?

M. Bernard Bajolet - Je ne souhaite pas apporter plus de précisions. Connaissant particulièrement la question de la gestion des otages – en Irak, ils sont sept à avoir pu être libérés –, je suis convaincu que la discrétion est un facteur essentiel de réussite."

C’est d’ailleurs dans ce sens qu’avaient dû le comprendre nos confrères du Parisien, qui avaient publié intégralement la réponse de Bernard Bajolet dans un article concernant le sort d’un agent de la DGSE capturé en Somalie.

Alors, manque de précision ou bourde du coordonnateur national du renseignement ?


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