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Les finances d’Al-Qaïda sont dans le rouge, assurent des experts

AFP

samedi 27 février 2010, sélectionné par Spyworld

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Ses soutiens financiers traditionnels sous surveillance, démotivés ou touchés par la crise, Al-Qaïda a des problèmes de fin de mois mais reste dangereuse, estiment experts et analystes.

Cela incite le coeur du réseau fondé par Oussama ben Laden, occupé à organiser et financer sa survie, à s’en remettre à des partenaires extérieurs, qu’il connaît parfois à peine, pour l’organisation d’attaques et d’attentats contre ses cibles traditionnelles, ajoutent-ils.

"Oui, ils ont des problèmes d’argent", assure à l’AFP Richard Barrett, coordonnateur de l’équipe de surveillance des activités d’Al-Qaïda et des talibans aux Nations unies. "Nous voyons passer pas mal de déclarations de leur part demandant de l’argent. Leurs finances sont dans le rouge".

Selon lui, cela est dû à l’action conjuguée d’une surveillance internationale plus étroite des réseaux habituels de financement de l’islamisme radical, en Orient comme en Occident, et de la crise financière internationale.

"Les dons en leur faveur ont considérablement décru", ajoute M. Barrett, ancien chef de la branche antiterroriste du MI6 britannique. "Si vous vous faites attraper à donner de l’argent à Al-Qaïda, les répercussions sont terribles désormais : votre business, votre réputation partent à la poubelle".

Les ONG islamiques, notamment, ont été placées au cours des dernières années sous étroite surveillance. Les flux financiers dans les pays du Golfe et en Asie du Sud sont désormais passés au crible de plusieurs organismes internationaux, dont le Financial Action Task Force, émanation du G7 qui regroupe aujourd’hui plus de 175 pays et a établi en 2004 des réglementations précises contre le financement du terrorisme.

De plus, ajoute Richard Barrett, "la sympathie pour Al-Qaïda a considérablement décru : il y a beaucoup moins de gens faisant de petites contributions".

Plus question donc de grands camps d’entraînement, de frais de voyage et de séjours remboursés, d’opérations planifiées des années à l’avance, de cours de pilotage aux Etats-Unis pour apprentis-kamikazes.

Oussama ben Laden et ses proches, que les services de renseignement ont pris l’habitude de désigner par l’expression "Al-Qaïda Central", n’ont plus de rôle opérationnel et se contentent d’inspirer, sans doute depuis leurs caches au Pakistan, des émules dans le monde entier.

"Ben Laden et (son numéro deux Ayman) al-Zawahiri sont devenus des icônes, ils projettent une image menaçante, mais ne font plus rien à part survivre" estime Loretta Napoleoni, spécialiste du financement du terrorisme, auteur notamment de "Terror Incorporated".

"Mais ils inspirent toujours beaucoup : regardez toutes les attaques menées en leur nom depuis le 11 septembre 2001", ajoute-t-elle. "Mais elles sont financées localement, la plupart du temps par des activités criminelles. Leurs auteurs ne reçoivent plus d’argent d’Al-Qaïda central... Ils n’en ont pas besoin".

C’est le cas notamment d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), composée majoritairement d’Algériens, qui s’est spécialisée, aux confins du Sahara, dans l’appui logistique aux trafiquants de drogue et de clandestins, et dans le kidnapping de touristes occidentaux, qui lui a rapporté des millions de dollars.

"Aqmi fait beaucoup d’argent comme cela", ajoute Mme Napoleoni. "C’est devenu une organisation très informelle : ce sont des gens qui connaissent des gens et font des affaires ensemble".

Désormais, conclut Richard Barrett, "d’après ce que nous comprenons, quand des gens contactent Al-Qaïda Central, ils leur disent +Repartez chez vous et faites ce que vous pouvez avec vos propres ressources+, plutôt que +OK, voici le cash+".


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