mardi 24 octobre 2017

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Black-out sur la couverture des attaques des taliban

Reuters

lundi 1er mars 2010, sélectionné par Spyworld

Les autorités afghanes ont imposé un black-out sur la couverture instantanée par la presse des attaques des taliban, considérant qu’elle encourageait les islamistes dans leurs coups de main, dont les derniers ont fait six morts dans le sud du pays.

Les journalistes ne pourront couvrir que les suites des attaques des taliban et ce, avec l’autorisation de la direction nationale de la sécurité (DNS), le service de renseignement. La DNS a menacé d’arrêter les journalistes qui filmeraient des opérations sans autorisation et de confisquer leurs matériels.

"La couverture en direct ne bénéficie pas au gouvernement mais aux ennemis de l’Afghanistan", a déclaré Saïd Ansari, porte-parole de la DNS à un groupe de journalistes convoqués pour se voir notifier le black-out.

Il est désormais interdit de filmer et de restransmettre en direct une attaque en cours, même de loin, a précise Ansari, dont les consignes ont été dénoncés par les associations de journalistes afghans et de défense des droits de l’homme.

"Cette décision empêche le public d’avoir accès à une information exacte à tout moment", a déclaré Abdul Hamid Mubarez, président du syndicat des médias nationaux afghans., qui s’est souvent plaint du harcèlement des autorités.

"Le gouvernement ne doit pas dissimuler son incapacité en interdisant aux médias de couvrir des incidents. Les gens veulent savoir tous les faits sur le terrain lorsque des incidents de sécurité ont lieu", a souligné pour sa part Laïla Noori, chargée des médias à l’Observatoire des droits en Afghanistan.

Le gouvernement avait imposé un black-out analogue l’an dernier le jour de l’élection présidentielle, mais c’était à titre exceptionnel, alors que, cette fois, c’est à titre permanent.

VISITE DE MCCHRYSTAL À MARJAH

Dans la matinée, quatre civils afghans et un soldat de l’Otan ont été tués par l’explosion d’une voiture piégée au passage d’un convoi militaire près de Kandahar, dans le sud du pays.

Quelques heures plus tard, une autre voiture piégée a explosé devant le principal poste de police de la ville, tuant un policier et faisant 16 blessés, dont neuf représentants des forces de l’ordre, a dit un responsable de la province.

Trois autres militaires de la Force d’assistance à la sécurité ont trouvé la mort dans d’autres attaques, a annoncé l’Isaf.

Le général américain Stanley McChrystal, commandant de l’Isaf, s’est rendu dans la province d’Helmand, à Marjah, ville reprise aux Talibans lors d’une offensive menée par les marines américains, l’une des plus grandes opérations menées en huit ans de guerre dans le pays.

Il était accompagné du vice-président afghan Karim Khalili et du gouverneur d’Helmand, Gulab Mangal, qui a rencontré des centaines d’habitants lors d’une "shura", un conseil traditionnel.

"La chose la plus importante, c’est d’apporter la paix et la stabilité au peuple en Afghanistan. C’est notre priorité. C’est notre engagement", a déclaré Khalili à la foule. Mais tous n’ont pas été impressionnés par ses propos.

"Vous nous aviez promis de ne pas utiliser d’armes lourdes. Pourquoi ma maison a-t-elle été détruite ?", a demandé Abdul Kader, un ancien du village.

McChrystal a indiqué aux journalistes que l’objectif était de mettre en place un gouvernement dans la région auxquels les villageois pourraient adhérer. "A court terme, ils doivent se sentir représentés, ils doivent sentir que c’est juste".

Il pourrait rester dans la ville 200 à 300 combattants qui étaient des Taliban il y a deux semaines", a-t-il ajouté. "Maintenant, ce qu’ils veulent être dépend de chacun d’entre eux. Certains peuvent devenir des cellules dormantes en attendant que quelqu’un leur dise quoi faire. Certains peuvent simplement déposer leurs armes et voir ce qu’il va se passer."

Marc Delteil et Marine Pennetier pour le service français


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