lundi 18 décembre 2017

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Le broyeur, arme anti-espionnage de nos poubelles

Pierre Cavret, Ouest-France.fr

samedi 6 mars 2010, sélectionné par Spyworld

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Pour lutter contre l’usurpation d’identité ou le plagiat industriel, le destructeur de documents s’avère efficace. 30 % des entreprises françaises en sont équipées. Côté particuliers, le marché reste confidentiel.

Environ 210 000 personnes seraient victimes d’usurpation d’identité, chaque année, en France. Avec ce constat effrayant, une enquête du Crédoc (Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie), publiée en octobre 2009, dément l’idée admise que les gens savent se protéger. En 2008, une plongée dans les poubelles des ménages d’Ile-de-France montrait que 80 % recelaient au moins un document personnel (feuilles de paye, de sécu, relevé bancaire).

« La menace ne cesse de prendre de l’ampleur », souligne Alexandra Lebre-Doboz, directrice du marketing de Fellowes France, fabricant américain leader mondial sur le marché du broyeur de documents. Pour autant, contrairement aux États-Unis et à l’Angleterre, le business en direction des particuliers ne décolle pas. « En 2005, 3 % des Français étaient équipés de ce type de matériel. Aujourd’hui, le pourcentage a sans doute doublé. »

Particuliers et entreprises concernés

S’il est possible de trouver un appareil à 9,90 € à l’hypermarché du coin, il ne faut pas en attendre des miracle. « À partir de 40 ou 50 €, vous avez un modèle qui permet une destruction à coupe croisée. Il vous déchire une feuille A4 en 400 particules. »

Affaire de bon sens, la destruction systématique de vos papiers avant de les mettre à la poubelle reste bien la première des protections, à l’heure du tri qui facilite le travail des personnes mal intentionnées.

« Dans les pays anglo-saxons, la confidentialité est une préoccupation très forte. En France, 30 % des entreprises possèdent un destructeur. Ici, on est loin du compte. » Guillaume de Sevin, président du directoire de Clementz—Euromégras France (Groupe Idéal), propose une gamme de produits dont les prix varient de 150 €, pour quelques feuilles détruites, à 27 000 € pour 700 d’un coup. « Industries, hôpitaux, banques, administrations : tous les secteurs sont concernés. Avec, pour chacun, une échelle de confidentialité possible et régie par une norme qui impose, par exemple, la destruction d’un document classé Secret Défense en minuscules particules de papier. »

« En Allemagne, une loi oblige les entreprises à s’équiper. » En France, pas de texte de cette nature, même si la loi Informatique et libertés rappelle que tout tiers en possession de données personnelles se doit d’en assurer la confidentialité après usage.

« Petites ou grandes, toutes restent des victimes potentielles », prévient Guillaume de Sevin. Une feuille à en-tête, un Rib récupérés dans une poubelle et, hop, le tour est joué. « Avec ces documents, un fraudeur peut passer des commandes au nom de votre entreprise en changeant l’adresse de livraison. Vous découvrez la supercherie à la réception de la facture pour un produit que vous n’avez ni commandé ni reçu. »

D’après le Credoc, « le coût individuel moyen d’une usurpation d’identité se monterait à 2 229 € ». Le mal fait, bien difficile de remonter les filières crapuleuses, de prouver sa bonne foi voire, dans le pire des cas, sa propre identité. Quand l’histoire se met alors à virer au cauchemar...


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