dimanche 17 décembre 2017

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Londres prétend que Washington lui a caché le recours à la torture

Le Monde, avec AFP et AP

mercredi 10 mars 2010, sélectionné par Spyworld

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Eliza Manningham-Buller, une ancienne responsable du MI5 (renseignement intérieur britannique) accuse les Etats-Unis d’avoir dissimulé les mauvais traitements contre les suspects de terrorisme. Eliza Manningham-Buller explique qu’elle n’a pas immédiatement saisi que Khalid Sheikh Mohammed, le cerveau présumé des attentats du 11 septembre 2001, avait parlé aux interrogateurs américains sous la torture. Elle a dit avoir découvert seulement après son départ à la retraite, en 2007, que le suspect avait subi l’épreuve de la simulation de noyade (waterboarding).

Les Américains "ont pris grand soin de nous dissimuler ce qui se passait", a-t-elle déclaré mardi soir à la Chambre des lords. "J’ai demandé à mes collaborateurs : ’Pourquoi parle-t-il ?’, parce que notre expérience des prisonniers irlandais était qu’ils ne disaient jamais rien. Ils m’ont dit : ’Eh bien, les Américains affirment qu’il [Mohammed] était très fier de ce qu’il avait fait’ quand ils l’ont interrogé, a-t-elle expliqué. Ce n’est qu’après avoir pris ma retraite que j’ai lu qu’en fait il avait subi la simulation de noyade cent soixante fois." Elle indique que la Grande-Bretagne a protesté auprès des Américains à propos du traitement des détenus. Ces propos interviennent alors que le MI5 et le MI6 font face à des accusations de complicité de torture sur plus de vingt suspects de terrorisme ayant résidé au Royaume-Uni.

Ces allégations ont émergé après la publication par un tribunal britannique, le mois dernier, d’informations sur les tortures subies par un ex-détenu de Guantanamo aux mains des Américains. L’ex-détenu Binyam Mohamed – né en Ethiopie mais qui avait le statut de résident en Grande-Bretagne – affirme qu’il a été interrogé par des Américains, lesquels lui ont posé des questions n’ayant pu venir que des renseignements britanniques. Le gouvernement et l’actuel chef du MI5, Jonathan Evans, ont démenti les accusations de complicité de torture.


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