jeudi 19 octobre 2017

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Censure : Pékin menace à nouveau Google

Olivier Chicheportiche, ZDNet

vendredi 12 mars 2010, sélectionné par Spyworld

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Les autorités chinoises préviennent : si Google arrête de filtrer les résultats de son moteur, il en subira les conséquences. Et si le géant décide de quitter le pays, elles ne le retiendront pas.

Le ton monte à nouveau entre les autorités chinoises et Google. Le ministre de l’Industrie et des Technologies de l’information du pays a clairement mis le géant américain face à ses responsabilités : Google s’exposera à des "conséquences" s’il arrête de filtrer les résultats de son moteur Google.cn, selon des propos rapportés par l’AFP.

"Nous soutenons l’expansion de (Google) en Chine", a dit Li Yizhong, en marge de la réunion du parlement à Pékin. "Mais s’il viole les lois chinoises, ce sera inamical et irresponsable et (Google) sera vraiment responsable des conséquences", a-t-il ajouté.

Rappelons qu’en janvier dernier, le groupe de Mountain View opérait un virage à 180 degrés en affirmant ne plus vouloir jouer le jeu de Pékin en censurant dans son moteur les résultats dits "sensibles" car contraire à la ligne officielle du parti communiste chinois.

Un départ sans conséquences pour l’Internet chinois, selon Pékin

"Nous avons décidé que nous ne voulons plus continuer à censurer les résultats sur Google.cn et que dans les prochaines semaines nous discuterons avec le gouvernement chinois de la possibilité d’opérer un moteur de recherche sans filtres, dans le cadre de la loi. Nous sommes conscients que cela pourrait signifier que nous ayons à fermer Google.cn, et potentiellement nos bureaux en Chine", déclarait David Drummond, vice-président senior, Développement de l’entreprise et Direction juridique.

En février dernier, Sergey Brin, co-fondateur de Google en remettait une couche en déclarant : "depuis les deux dernières années, notamment depuis les Jeux Olympiques, la situation a considérablement empiré dans plusieurs domaines. D’autres de nos sites, comme YouTube et Google Docs sont bloqués".

Cette décision trouve également sa source après que Google ait été victime d’attaques informatiques massives, provenant selon lui de Chine. Attaques qui étaient destinées à accéder aux comptes Gmail de militants chinois des droits de l’homme. Une surveillance qui s’est aussi portée sur des personnes vivant aux Etats-Unis et en Europe qui soutiennent ces activistes.

Si Google "décide de rester en Chine, nous accueillerons (cette décision) et cela bénéficiera au développement de l’internet en Chine", a commenté M. Li. "Mais s’il décide de partir, le marché de l’internet en Chine va continuer de se développer rapidement et l’impact ne sera pas trop grand", a-t-il ajouté. Le message a le mérite d’être clair.

Google peut-il se passer du premier marché mondial en termes d’internautes (384 millions) ? Difficile à dire. Si son moteur est loin derrière Baidu (38% contre 59% de parts de marche), Google réalise néanmoins 600 millions de dollars de chiffre d’affaires dans le pays. Et Microsoft, également en embuscade, a déclaré qu’il n’avait absolument l’intention de déserter l’Empire du Milieu.

"Google n’a jamais fait de déclaration officielle (annonçant son intention de quitter la Chine, ndlr) mais juste posté un billet sur son blog. Je pense qu’ils ont pris la température et ne se retireront pas", estime un analyste chinois cité par le quotidien britannique Telegraph.

La Chine est donc un marché à fort potentiel auquel il sera probablement difficile de renoncer pour Google et d’abandonner à ses concurrents (Yahoo, Microsoft, Baidu...).


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